CONTRÔLE COERCITIF : UN AMENDEMENT TRANSVERSAL POUR MIEUX PROTÉGER LES FEMMES ET LES ENFANTS

CONTRÔLE COERCITIF

Un travail transdisciplinaire juridique remarquable a été mené pour inscrire le contrôle coercitif dans le droit français.

Le contrôle coercitif traverse les vies. Il doit donc traverser tous les domaines du droit sous peine de fragmenter et dissimuler la violence que la Justice vise à combattre.

POURQUOI CET AMENDEMENT ?

Le contrôle coercitif ne se résume pas des actes isolés. Au contraire, il inflitre toutes les sphères de vie, se poursuit après la séparation, démultipliant les risques (parfois vitaux). Il correspond à un ensemble de comportements qui, par leur répétition et leur accumulation, restreignent progressivement les libertés, les droits, les ressources et les capacités d’agir et de penser d’une personne.

Du contrôle économique à l’isolement, en passant par la surveillance, les menaces, le contrôle numérique, l’instrumentalisation des procédures , les entraves administratives, le chantage utilisant les enfants… la liste est infinie et très problématique.

NOUS TRAVAILLONS A UN NOUVEL AMENDEMENT POUR FAIRE RECONNAÎTRE LE CONTROLE COERCITIF DANS TOUTES SES DIMENSIONS

Depuis plusieurs mois, Protéger l’enfant participe, aux côtés d’universitaires, magistrat·es et professionnel·les, à un travail visant à mieux reconnaître le contrôle coercitif dans le droit français. Cette réflexion collective transdisciplinaire est coordonnée par Andreea Gruev-Vintila et Benjamin Moron-Puech.

Elle s’est concrétisée sous la forme d’un amendement transversal car l’enjeu est essentiel.

Nous ne souhaitons pas limiter cette reconnaissance au droit pénal.

L’ambition de notre amendement est de faire entrer le contrôle coercitif dans le droit de manière transversale.

  • Dans le droit PÉNAL.
  • Mais également dans le droit CIVIL et familial, la protection de l’enfance, le droit du travail, de la fonction publique, le droit des contrats ou encore la procédure civile.

Un système de violence qui traverse toutes les sphères de la vie ne peut pas être appréhendé par une seule branche du droit.

LE PENAL PERMET DE POURSUIVRE ET DE SANCTIONNER UN AUTEUR.

C’est indispensable. La majorité des victimes sont des femmes avec lesquelles les agresseurs ont des enfants. Après la séparation :

  • Qui exerce l’autorité parentale ?
  • Où vit l’enfant ?
  • Existe-t-il un droit de visite et d’hébergement ?
  • Une ordonnance de protection doit-elle être prononcée ?
  • Comment les services de protection de l’enfance évaluent-ils la situation ?

Ces questions relèvent surtout du droit civil.

LE VOLET CIVIL EST FONDAMENTAL.

Hélas, la séparation met rarement fin au contrôle.

L’enfant devient souvent alors un moyen de contrôler l’autre parent. Les droits de visite et d’hébergement, les remises d’enfants ou encore les procédures judiciaires sont encore trop souvent utilisés pour poursuivre ce contrôle.

Le lien parental lui-même peut alors devenir un vecteur de contrôle coercitif post-séparation.

On ne peut pas regarder séparément les violences intrafamiliales et la parentalité.

C’est pourquoi l’amendement transversal concerne :

  • L’exercice de l’autorité parentale,
  • La résidence de l’enfant,
  • Les droits de visite et d’hébergement,
  • Les ordonnances de protection,
  • L’assistance éducative et la protection de l’enfance,
  • L’évaluation de l’environnement familial de l’enfant.

Il prévoit également son intégration dans l’évaluation menée par les services de protection de l’enfance, comme le font déjà des projets pilote.

NOS OBJECTIFS

Le texte travaillé propose de reconnaître le contrôle coercitif dans le droit du travail, la fonction publique, le droit des contrats, la procédure civile…

Nous souhaitons :

  • permettre au droit de regarder la dynamique globale de contrôle, plutôt qu’une juxtaposition de faits, comme s’ils n’avaient aucun lien entre eux,
  • ne pas fragmenter juridiquement l’expérience de la victime et l’évaluation du risque/danger,
  • rendre visible la cohérence qui relie les différents agissements,
  • appréhender leurs effets dans toutes les sphères de la vie des victimes,
  • adapter la protection en conséquence.

POURQUOI NOUS NOUS MOBILISONS

Nommer le contrôle coercitif est une première étape.

Le sanctionner en est une autre.

Nous souhaitons que cette compréhension des violences puisse améliorer la qualité des décisions qui organisent concrètement la vie et la sécurité des enfants.

Prévention – Protection – Poursuites – Politiques coordonnées

PROTÉGER RÉELLEMENT


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Pourquoi se former au Contrôle Coercitif pourrait changer la donne

« Sale fille, Sage-femme » de Marie Murski

Sale fille, Sage-femme de Marie Murski

Critique du roman Sale fille, Sage-femme de Marie Murski

Par Caroline BREHAT, autrice, psychothérapeute et psychanalyste


Il est des romans que l’on lit. D’autres que l’on éprouve. Ils vous pénètrent lentement et ne vous quittent plus. Sale fille Sage-femme appartient à la seconde catégorie. La hideur du récit vous malmène, vous frappe en pleine tête même, mais la beauté de l’écriture vous élève et vous emporte vers des sommets d’émotions qui n’appartiennent qu’à la grande littérature. Marie Murski est une enfant issue d’un viol dont la mère, dite « Mère le danger », la hait avec une passion telle qu’elle ne vit que pour l’assassiner.

Le livre commence par une envolée poétique, qui plonge le lecteur dans l’utérus maternel aux côtés de l’œuf, « petit ouvrier à capuche noire« . Cet œuf « vivace et têtu comme un clou de girofle » qui s’évertue à devenir fœtus. Un fœtus tellement terrorisé par les tentatives d’annihilation maternelles qu’il commence sa vie en faisant le mort. Un fœtus viable néanmoins, et même gorgé de vie à en juger par sa capacité à transcender son destin tragique. Comment s’étonner que Marie Murski soit devenue sage-femme ?


« Pourquoi tu ne meurs pas, saleté ? » Cette mère, probablement rendue folle par les viols qu’elle a subis, ne se contente pas de répéter à Marie cette abjecte ritournelle. Elle jette brutalement l’enfant dans le lit de son violeur, la précipitant ainsi elle aussi dans le cauchemar dont elle est elle-même prisonnière. L’enfant trouve un apaisement dans la littérature, la poésie (notamment les Fleurs du Mal) et même dans la présence d’une araignée au fond d’un placard sombre. Marie, l’adulte, tombe forcément dans les bras d’un prédateur cruel, surnommé HB. A l’instar de sa mère, ce dernier tente de l’assassiner psychiquement et l’enferme dans son jardin.

14 années dans un jardin de 14 hectares que Marie embellira, soignera, jour et nuit – obsessivement, compulsivement, comme pour conjurer la laideur de sa vie. La transformation de ce jardin en œuvre d’art lui vaut d’ailleurs de multiples prix. Puis un jour, avec l’aide d’une autre femme, Marie échappe à son geolier et quitte, à son grand regret, son jardin – pour s’adonner à l’écriture. Marie reçoit plusieurs prix et même une invitation sur le plateau de Bernard Pivot, à Apostrophe.


Sale fille sage-femme convoque tour à tour les contes pour enfant et les récits mythologiques. Il y a d’abord Blanche Neige (l’enfant menacée de mort), Cendrillon (l’enfant réduite à la misère et la servitude), mais peut-être et surtout Cosette, l’enfant affamée et sadisée dont la prodigieuse vie intérieure lui permet de survivre. Il y a aussi Pénélope, incarnée par le triomphe de l’intelligence et la maîtrise du langage de la narratrice. Les mémoires de Marie Murski sont indiscutablement un récit sublimatoire.

De la boue, de la faim, de l’abjection, l’écriture fait surgir une forme de grâce. Sale fille sage-femme est aussi la preuve que l’écriture a une fonction thérapeutique car Marie Murski est aujourd’hui une femme libre et épanouie et une écrivaine accomplie.


Caroline Bréhat

N.B : Après quelques démêlés avec des maisons d’édition, Marie Murski a décidé de publier ce livre à compte d’auteur. Il est en vente sur Amazon.


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Le Monde à l’endroit : APRÈS LES VIOLENCES,QUE SE PASSE-T-IL DANS LA TÊTE ET LE CORPS DES VICTIMES ?

Le monde à l'endroit

“ Les blessures de l’enfance ne s’effacent pas, elles se réparent “

C’est par cette phrase que se présente Le Monde à l’endroit, le nouveau documentaire de Sylvie Meyer, qui sort au cinéma le 30 septembre 2026.

Dans celui-ci, la réalisatrice s’intéresse à l’après des violences intrafamiliales.

Elle avait déjà consacré “Enfance volée, chronique d’un déni “aux violences sexuelles faites aux enfants et à leur déni collectif. Sylvie pose ici une autre question :

Que deviennent les victimes après les violences ? Et comment peut-on les aider à se réparer ?

À travers plusieurs situations psychothérapeutiques, reconstituées ou filmées avec des patients, « Le Monde à l’endroit » donne à voir l’analyse et le décryptage des mécanismes et des symptômes psychotraumatiques.

Pendant 1 h 28, la réalisatrice nous emmène au plus près du travail thérapeutique de Muriel Salmona, psychiatre spécialisée dans la prise en charge des victimes de violences.

Mais plutôt que de montrer les violences, « le film »Le Monde à l’endroit » choisit de montrer leurs traces et ce que l’on peut faire de ces traces.

On suit alors principalement 4 personnes, 4 histoires, 4 traumatismes.

  • Franck a été élevé par un journaliste pédophile auquel il était attaché.
  • Mélissa, ancienne footballeuse, se débat avec une sexualité violente qu’elle ne parvient pas à s’expliquer.
  • Ella s’est retrouvée, dans un jeu vidéo, sous l’emprise d’un avatar qui lui a fait subir des sévices.
  • Cassandra est reçue par Muriel Salmona. Toutes deux tiennent leur propre rôle.

« Le Monde à l’endroit » part de ce qu’ils vivent aujourd’hui pour remonter le fil de leur enfance, raconté en image par le biais de roman-photos.

Et ils creusent pour savoir ce qui, dans leur passé, continue d’agir dans leur présent.

Pour montrer ce travail thérapeutique autrement qu’en posant une caméra dans le cabinet, Sylvie Meyer a fait rejouer certaines séances par les véritables patients mais également des acteurs.

Muriel Salmona est incarnée successivement par trois actrices : Sandrine Bonnaire, Marianne Denicourt et Isild Le Besco.

La réalisatrice assume ainsi la reconstitution : ces séances ont existé, ont été enregistrées pendant plusieurs mois, puis retravaillées pour le film.

Finalement, Muriel Salmona elle-même entre dans le film, face à une jeune femme venue témoigner et qu’elle rencontre pour la première fois devant la caméra.

On passe de la représentation du soin au soin lui-même.

Parce qu’on le sait, les conséquences des violences ne sont pas uniquement psychologiques.

Les études montrent des associations entre traumatismes, notamment lorsqu’ils sont répétés dans l’enfance, et augmentation du risque de nombreux problèmes de santé physique et mentale au cours du reste de la vie.

Le système d’alerte peut rester durablement sensibilisé. Le corps continue alors parfois à réagir comme si le danger pouvait revenir à tout moment.

Comprendre cela permet de sortir d’une lecture morale des symptômes.

Mais alors, peut-on se réparer ?

On ne peut PAS effacer ce qui s’est passé, néanmoins, un traumatisme n’est pas nécessairement une condamnation à vie. Des prises en charge adaptées peuvent permettre de réduire les symptômes post-traumatiques, retrouver un sentiment de sécurité, intégrer les souvenirs traumatiques à son histoire et reprendre progressivement du pouvoir sur sa vie.

Les victimes ne sont PAS leurs traumatismes.

Et c’est précisément le message du film « Le Monde à l’endroit ».

Pour réparer, il faut remettre le monde à l’endroit. Et cela signifie notamment :

  • Nommer la violence pour ce qu’elle est.
  • Remettre la responsabilité sur celui qui l’a commise.
  • Sortir la victime de la culpabilité.
  • La mettre réellement en sécurité.
  • Lui permettre d’être entendue.
  • Et lui proposer des soins adaptés au psychotraumatisme.

On ne peut pas demander à quelqu’un de se reconstruire tout en le maintenant dans le danger.

Les victimes ne sont ni « folles » ni incapables de vivre : elles sont traumatisées et peuvent être soignées.

Muriel Salmona

Nous vous conseillons également le documentaire de Fanny Lesbros : https://www.protegerlenfant.fr/2026/07/31/fanny-lesbros/

Arrêtons de séparer les enfants de leur parent protecteur

Arrêtons de séparer les enfants de leur parent protecteur

QUAND UN ENFANT DENONCE DES VIOLENCES, LA JUSTICE LE SEPARE TROP SOUVENT DU PARENT PROTECTEUR

  • Soit en transférant sa résidence, parfois exclusivement, chez le parent qu’il vient de mettre en cause,
  • Soit en le plaçant en foyer ou en famille d’accueil.

Dans les deux cas, les dommages pour l’enfant peuvent être très graves.

  1. Contraindre l’enfant à résider ou à maintenir des relations avec le parent qu’il désigne comme son agresseur est faire fi du principe de précaution, et donc de la priorité à accorder à l’intérêt supérieur de l’enfant.
  1. Un placement est une rupture majeure dans la vie d’un enfant : perte du quotidien avec ses proches, de ses repères, parfois de son école, séparation des frères et sœurs, changements de professionnels ou de lieux de vie…
    • Nous savons que le placement comporte lui-même des risques et que le système d’accueil connaît de graves défaillances : foyers saturés, turn-over des éducateurs, ruptures successives de lieux de vie, défaut de soins, scolarité chaotique, violences entre jeunes, maltraitances institutionnelles, violences dans certaines familles d’accueil…
    • De nombreux enfants vivent ce paradoxe d’avoir été retirés de leur famille pour connaitre, une fois placés, de nouvelles violences, de nouvelles ruptures, de nouveaux abandons.
    • Certes, tous les foyers ne sont pas des lieux de maltraitance, toutes les familles d’accueil ne sont pas violentes, mais aujourd’hui, le placement n’offre pas les garanties qu’on est en droit d’attendre de cette option.

LE GRAND OUBLIE EST LE PARENT QUI S’EFFORCE DE PROTEGER SON ENFANT. DE PROTECTEUR, IL DEVIENT SUSPECT

  • Suspect de manipuler son enfant, de manipuler les faits,
  • Suspect de vouloir transformer un simple conflit parental en agression d’enfant.

→ La présomption d’innocence ou le bénéfice de la bonne foi ne lui sont pas reconnus.

→ Le juge pénal cherche à savoir si la culpabilité peut être établie, procédure généralement longue. Dans l’urgence, le juge des enfants devrait s’interroger sur le danger réel encouru par l’enfant, et non déterminer s’il y a lieu de faire prévaloir la coparentalité.

→ Dans bien des cas, le parent protecteur est soupçonné d’empêcher la relation avec l’autre parent, il peut perdre la résidence de l’enfant, voire son autorité parentale, l’enfant se retrouve alors privé de son seul espace de sécurité.

Pour résumer, l’enfant est séparé de son parent protecteur, sur la base de griefs non pertinents.

IL FAUT REEXAMINER CES SITUATIONS

Les transferts de résidence chez le parent soupçonné d’agression ou les placements non pertinents sont des situations qui mériteraient un réexamen dans l’intérêt majeur de l’enfant.

Le réexamen serait effectué par des professionnels pluridisciplinaires et indépendants formés aux violences intrafamiliales, aux psychotraumatismes, aux psychopathologies des maltraitances et aux violences sexuelles faites aux enfants.

Les conditions précises d’un tel réexamen seraient à déterminer.

L’objectif prioritaire serait la sécurité de l’enfant auprès de son parent protecteur.


Vous trouverez d’autres articles sur notre site à propos du parent protecteur ou de la mère protectrice :

Délit de non représentation d’enfant : un pas important pour les parents protecteurs

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[Témoignage Vidéo] Julie nous parle des dysfonctionnements rencontrés dans le combat pour protéger son enfant victime d’inceste

Le supplice des mères protectrices

En France protéger l’enfant est puni de prison et de menaces de placement de l’enfant

Une mère poursuivie pour non représentation d’enfant

Mariette, mère en lutte pour sauver sa fille d’un père incestueux

Pour protéger ses filles, victimes d’inceste paternel, Léonie refuse qu’elles retournent chez leur père. Elle risque la prison.

Témoignage de Élise : Et si l’échec de la protection des victimes ne venait PAS d’un manque de preuves ou de moyens, mais du regard biaisé posé dès le départ sur les faits.

Témoignage de Élise

Les témoignages des victimes s’enchainent sans que Justice soit faite, malgré les preuves, les témoignages d’experts, la parole de ceux qui dénoncent…

On peut légitiment se demander ce qui cloche…

Élise, une maman protectrice, témoigne d’un dysfonctionnement plus profond.

Voici son histoire, retranscrite de manière la plus factuelle possible. Élise ne cherche pas à se justifier ni à prouver. Élise expose les faits et vous laisse juge.

  • Une fillette de deux ans et demi révèle à sa mère que son père lui fait des attouchements sexuels.
  • Depuis plusieurs mois, elle présente de lourds troubles du comportement.
  • Sa mère quitte immédiatement le domicile avec sa fille et porte plainte.
  • Les services de protection de l’enfance et la justice sont saisis.
  • Au fil des années, plusieurs signalements sont réalisés.
  • L’enfant renouvelle ses déclarations.

Question : quelle est votre première hypothèse ?

À ce stade, personne ne connaît encore la vérité.

Pourtant, il existe déjà deux façons de regarder cette histoire.

  • Hypothèse A : Et si cette mère manipulait son enfant ?
  • Hypothèse B : Et si cet enfant disait vrai ?

À partir des mêmes faits, deux enquêtes très différentes peuvent commencer.

Hypothèse A

  • On cherche pourquoi la mère accuse.
  • Les troubles sont expliqués par le conflit parental.
  • Chaque démarche de la mère confirme qu’elle est dans l’emprise du conflit.
  • Les paroles de l’enfant deviennent suspectes parce qu’elles persistent.
  • Les visites reprennent.
  • Les symptômes augmentent.

Hypothèse B

  • On cherche ce qui est arrivé à l’enfant.
  • Les troubles sont étudiés comme d’éventuelles conséquences des violences.
  • Chaque nouvelle démarche montre que la mère ne renonce pas à protéger sa fille.
  • Les paroles de l’enfant gagnent en crédibilité parce qu’elles persistent.
  • Les visites sont suspendues le temps des investigations.
  • L’enfant commence à se reconstruire.

Élise connait bien l’hypothèse A, hélas :

  • 10 ans de procédures.
  • Plusieurs signalements de professionnels.
  • Placement de son enfant.
  • Dégradation psychique de l’enfant.
  • Tentatives de suicide.
  • Contacts toujours imposés avec le père.

Élise aurait rêvé de l’hypothèse B :

  • Enquête approfondie dès la première révélation.
  • Protection immédiate.
  • Soins et reconstruction des enfants.

Des faits de départ identiques. Seule l’hypothèse de départ a fait la différence.

Élise ne souhaite pas témoigner uniquement de ce qui est arrivé à sa fille. Elle dénonce la manière dont une institution peut rendre les violences invisibles en les regardant, dès le départ, comme des violences intra-familiales ou comme une manipulation maternelle.

Les professionnels ne partent jamais de rien.

Ils arrivent avec leurs connaissances, leurs expériences… mais aussi avec leurs représentations. Sans même s’en rendre compte, ils formulent souvent une première hypothèse qui guidera ensuite les questions posées, les éléments retenus, les investigations réalisées… et parfois toute la suite de la procédure.

Ce phénomène est connu en psychologie sous le nom de biais de confirmation.

Les biais ne changent pas seulement l’interprétation des faits, ils changent les faits eux-mêmes, parce qu’ils modifient les décisions prises tout au long du parcours.

Les enfants reparlent.

  • A – Ils répètent un discours appris.
  • B – Leur parole persiste malgré le temps.

Les troubles continuent.

  • A – Ils viennent du conflit parental.
  • B – Ils peuvent traduire un traumatisme.

La mère multiplie les démarches.

  • A – Elle s’acharne.
  • B – Elle veut une protection qui n’arrive pas.

Les biais, les fausses croyances, ne sont pas de mauvaises intentions.

Néanmoins, si les personnes en charge d’enquête sur des violences faites aux enfants sont pétris de certitudes, les conséquences peuvent être immenses.

La question est alors qui choisit-on de protéger ?

Suspendre les contacts peut certes léser un parent innocent, mais les maintenir peut surtout exposer un enfant à des violences…

Dans l’histoire d’Élise et dans celle de tant d’autres, le risque a été porté par les enfants.

Aujourd’hui, dix ans après la première révélation de sa fille, les procédures ne sont toujours pas terminées. L’enfant vit avec sa mère, mais les contacts avec son père continuent de réactiver ses angoisses.

« Je ne témoigne pas pour raconter ma vie.
Je témoigne pour que d’autres enfants n’aient pas à la vivre.
Si on trouve si peu de preuves contre les agresseurs, ce n’est pas seulement parce qu’on ne les accepte pas mais parce que le regard de départ est biaisé. On raconte exactement la même histoire à des gens qui y croient… et d’autres qui n’y croient pas, de base, ça change tout. Ils ne posent pas les mêmes questions. Parce qu’à partir du moment où tu pars du principe que la mère fait ça pour avoir la garde, tout est biaisé.”

Élise

Vous pouvez retrouver tous les témoignages de notre site ici : https://www.protegerlenfant.fr/category/articles-temoignages/

Violences contre les mères : l’ONU publie un rapport essentiel

Violences contre les mères : l'ONU publie un rapport essentiel

Ce texte pourrait faire évoluer la protection des mères

De quoi parle-t-on ?

Reem Alsalem, rapporteuse spéciale sur la violence à l’égard des femmes et des filles, vient de présenter un rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Les Rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants mandatés par l’ONU. Ils ne représentent ni un État, ni un gouvernement.

Leur mission est d’analyser une problématique mondiale, d’entendre les différents acteurs concernés et de formuler des recommandations fondées sur le droit international des droits humains.

Un phénomène mondial

Reem Alsalem et ses équipes, ont été chargées d’examiner la violence exercée contre les mères.

Ce rapport met en évidence les discriminations et les violences subies par les femmes et filles en raison de leur statut de mères.

Le rapport suggère de définir les mères comme une catégorie distincte de titulaires de droits et élaborer des politiques ciblées qui reflètent leurs besoins spécifiques et leurs contributions à la société.

Ces contributions démontrent que les difficultés des mères ne relèvent pas de situations isolées mais d’un phénomène mondial.

Ce que dit le rapport

1. Il y a des formes spécifiques de violences subies par les mères

  • Violences économiques

Devant les tribunaux aux affaires familiales, les enfants sont souvent utilisés par les pères comme moyen de pression dans les négociations, les mères devant renoncer à leurs droits financiers pour obtenir la garde ou assurer la sécurité de leurs enfants.

  • Violence physique et sexuelle

Les partenaires intimes commettent également des violences sexuelles contre les mères qui refusent d’avoir des relations sexuelles avant ou après l’accouchement.

  • Violences psychologique

La violence contre les mères s’exerce souvent par de la violence infligée à leurs enfants.

La conscience de la souffrance de leurs enfants, la séparation prolongée ou le fait d’être privées d’informations sur leur sort font subir aux mères une souffrance qui peut s’apparenter à de la torture et à des traitements inhumains et dégradants.

  • Lien entre la violence contre les mères et la violence contre les enfants

Les violences sur enfants ou les attaques délibérées contre le lien mère-enfant, s’inscrivent souvent dans le prolongement du contrôle coercitif exercé par un partenaire intime.

Les tribunaux aux affaires familiales peuvent également exercer une forme de violence en minimisant ou en écartant les allégations de violence conjugale, et en imposant aux enfants des contacts avec des partenaires violents.

2. Pour lutter contre ces violences, il faut les rendre visibles.

La Rapporteuse suggère de définir les mères comme une catégorie distincte ayant droit à une protection spécifique.

Elle recommande de prendre les mesures suivantes :

Traiter la violence contre les mères dans les cadres juridiques et politiques comme une forme distincte de violence à l’égard des femmes et des filles nécessitant des mesures ciblées ;

Veiller à ce que les tribunaux aux affaires familiales donnent la priorité à la sécurité et à la stabilité économique des mères, en tenant compte des responsabilités de soins et des expériences de maltraitance lors de l’adoption des décisions relatives à la garde et aux droits de visite ;

Le contrôle coercitif est la clé de compréhension

Le contrôle coercitif correspond à une stratégie globale destinée à dominer la victime, limiter son autonomie, contrôler ses choix… Intimidation, menace, isolement, contrôle économique, harcèlement judiciaire… les méthodes oppressives ne manquent pas.

Après la séparation, ce contrôle passe également par les enfants.

Le rapport estime qu’il faut reconnaitre cette dimension de contrôle coercitif. Cette notion reste largement méconnue des systèmes judiciaires.

  • Le rapport propose de reconnaître l’instrumentalisation du lien mère-enfant comme un mécanisme central de contrôle coercitif et de violence post-séparation constituant une forme de violence à l’égard des mères et de leurs enfants.
  • Il suggère de reconnaître également les abus de procédure et la précarisation économique induite par les procédures judiciaires comme des formes de violence économique à l’égard des mères .

Quelle influence peut avoir ce rapport ?

Cela va dépendre de sa réception. L’impact d’un tel rapport dépend de plusieurs facteurs :

  • sa diffusion auprès des professionnels,
  • la manière dont il sera cité par les juridictions et les chercheurs,
  • les prises de position du gouvernement français,
  • les futures recommandations d’autres organes internationaux.

Tous les rapports de Rapporteurs spéciaux n’ont pas la même influence.

Certains restent relativement confidentiels, tandis que d’autres deviennent des références durables.

Et en France ?

Si ce rapport est largement repris, on pourrait espérer définir les mères dans le droit national comme une catégorie distincte ayant droit à une protection spécifique ; et par là même instaurer un statut spécifique pour les mères.

Ce rapport représente l’espoir d’un changement de regard, accompagné d’une meilleure compréhension des violences subies par les mères.

Son influence dépendra de la manière dont les États, les juridictions et les professionnels s’en saisiront.

A nous de le faire rayonner.


Vous pouvez consulter ici nos articles sur les textes législatifs ici.

L’ONU dénonce la silenciation des victimes en France

La notion d’attachement dans le développement de l’enfant

La notion d'attachement dans le développement de l'enfant

Jeanne Roy, travailleuse sociale spécialisée en attachement et en développement de l’enfant

L’enfant a besoin de 2 types de nourriture celle qui provient des aliments et celle qui provient de l’attachement.

Le premier groupe de besoins fondamentaux d’un enfant est logiquement de se nourrir, de s’hydrater et de dormir. Le second, consécutif, est de s’attacher à un adulte de référence. On connait bien le premier pourtant le second est tout aussi fondamental.

Lors d’un entretien, Jeanne Roy nous a expliqué que l’attachement est un méta-besoin à la base du développement.

Il s’apparente à de la survie pour le bébé humain. Dès sa naissance, l’enfant dépend physiquement et psychologiquement de son parent principal (très souvent la mère).

Sans possibilité encore de s’exprimer avec des mots, les pleurs, les cris, les regards ou les sourires sont autant de moyens par lesquels ils cherchent à obtenir une réponse.

Jeanne Roy souligne que ces émotions et comportements sont innés et visent à établir une proximité avec la figure d’attachement. Face à des situations stressantes, l’enfant sollicite naturellement ses parents.

La qualité de cet attachement ainsi que le bon développement psychologique des bébés humains reposent sur une réponse appropriée à leurs réactions et particulièrement à leur détresse.

La manière dont les parents répondent (ou non) aux sollicitations détermine la formation d’un attachement sécurisant (ou non…). Si cette détresse est ignorée, l’enfant risque de subir des traumatismes qui affecteront durablement son développement émotionnel et cognitif.

Les 2 fonctions principales de l’attachement sont :

  • L’apaisement : Permettre à l’enfant de se sentir en sécurité et détendu pour grandir sereinement.
  • L’exploration : Favoriser la confiance pour être en capacité de s’éloigner et de revenir vers la figure d’attachement, renforçant l’autonomie naturelle.

Les styles d’attachement : du sécurisant au désorganisé

Dans nos sociétés, beaucoup d’adultes ont vécu des expériences négatives durant l’enfance qui marquent encore leur façon d’entrer en relation. Leurs parents les dénigraient ou ignoraient leurs besoins et leurs émotions. Alors, ils ont appris à composer avec et ont développé une insécurité dans d’attachement.

Leurs styles de comportement abimé se déclinent en plusieurs catégories :

  1. L’attachement évitant
  2. L’attachement ambivalent/résistant
  3. L’attachement désorganisé

L’attachement évitant

Les parents dénigrent ou ignorent les émotions de l’enfant.

L’enfant apprend à cacher ses émotions pour éviter le rejet.

Quand l’adulte minimise ou rejette les émotions de l’enfant (colère, tristesse, peur…), il envoie un message : “Tes émotions sont gênantes, exagérées, inacceptables.”

Résultat : l’enfant apprend à ne plus les montrer. Il devient “sage”, “facile”, mais profondément déconnecté de ses ressentis. Ce n’est pas de l’autonomie. C’est un renoncement à la relation.

Impact : L’enfant développe une distance émotionnelle et une difficulté à créer des liens profonds.

L’attachement ambivalent/résistant

  • Les parents réagissent de manière imprévisible à la détresse de l’enfant.
  • L’enfant multiplie les sollicitations dans l’espoir d’obtenir une réponse.

Face à des parents imprévisibles, anxieux, à l’attitude “on/off”, l’enfant vit dans l’incertitude. Parfois sa détresse est ignorée, parfois elle est prise en compte. C’est aléatoire.

Résultat : il répète ses appels à l’aide encore et encore, variant l’intensité dans l’espoir d’obtenir une bonne réaction.

Il déborde, s’accroche et a peur qu’on l’abandonne à chaque instant.

Impact : Une hyper-dépendance émotionnelle et une peur constante de l’abandon.

L’attachement désorganisé

  • Concerne souvent les enfants exposés à la violence ou à des environnements dysfonctionnels.
  • L’enfant vit dans une peur constante, développant une vigilance extrême ou des comportements violents

Quand le parent est lui-même violent, dangereux ou imprévisible, l’enfant vit dans une confusion extrême : “Celui qui est censé me protéger me fait peur.” Il entre alors dans un mode de survie, se fige, se rend invisible, devient agressif, incontrôlable. On les voit “difficiles”, mais ils sont surtout en danger.

Impact : Une difficulté à explorer et une vision du monde comme dangereux et imprévisible.

La reconstruction après la violence

Un enfant vivant dans un environnement violent peut ressentir des émotions ambivalentes envers son agresseur : l’aimer et craindre cette personne simultanément. C’est normal.

Pour accompagner cet enfant :

  • Reconnaître l’ambivalence de l’enfant : Certains enfants gardent des souvenirs positifs du parent violent, d’autres non. Il est important de partir de ce que l’enfant ressent réellement, sans lui imposer une vision de son histoire. Si l’enfant évoque spontanément des souvenirs heureux avec ce parent, ils peuvent coexister avec les violences subies. S’il n’en existe pas, il ne faut pas chercher à en créer.
  • Reconnecter aux sensations : Les enfants se coupent souvent de leurs émotions mais aussi de leurs sensations corporelles. Plutôt que de leur demander de raconter encore et encore les violences, un adulte fiable peut partir d’un souvenir ou d’une image évoquée par l’enfant, puis l’aider à reconnaître ce qui se passe dans son corps : « Où sens-tu cette peur ? », « Que ressens-tu ici ? ». Retrouver ce lien entre le corps, les émotions et les pensées participe à la reconstruction. Surtout que beaucoup d’enfants pensent être responsables des violences qu’ils subissent. L’enjeu n’est pas de les contredire immédiatement mais d’accueillir leur vécu, afin qu’ils puissent progressivement reconstruire une perception plus juste d’eux-mêmes.

Selon Jeanne Roy, le cerveau humain se divise en trois parties principales, qui interagissent dans la régulation des émotions et des comportements :

  1. Le cerveau reptilien (partie basse) : Responsable des instincts de survie et des réactions corporelles.
  2. Le cerveau limbique (partie centrale) : Centre des émotions.
  3. Le cortex cérébral (partie supérieure) : Siège des fonctions cognitives comme la réflexion et la planification.

Lorsqu’un enfant est victime de violence, les parties basse et centrale du cerveau prennent le dessus, limitant sa capacité à réfléchir et à analyser. L’aider à rétablir ce lien entre ses sensations (cerveau reptilien), ses émotions (limbique) et ses pensées (cortex) est la base de la reconstruction.

Le rôle du parent protecteur

Le parent protecteur peut faire face à la colère de l’enfant quand celui-ci ne se sent pas protégé complètement de l’agresseur.

Pour maintenir un lien solide :

  • Reconnaître et valider la colère de l’enfant.
  • Exprimer ses propres émotions et son engagement continu à chercher des solutions.
  • Introduire des figures adultes positives pour renforcer la confiance et le sentiment de sécurité de l’enfant.

Il est essentiel de parler des faits de manière factuelle, sans diffamation, mais en reconnaissant la réalité : les actes violents, leur impact et la douleur qu’ils provoquent.

L’équidignité : l’équilibre dans les relations adulte-enfant

Notre société est marquée par une domination (non reconnue) des adultes sur les enfants. Les enfants sont contraints de s’adapter à des rythmes et des attentes d’adultes, au lieu d’être respectés dans leur individualité et leur rythme propre.

Jeanne Roy propose une posture différente : l’équidignité, un respect mutuel où adultes et enfants sont considérés comme égaux en dignité. Cela implique de :

  • Reconnaître le stress des enfants et leur offrir des espaces sécurisés.
  • Adapter les interactions en fonction de leurs capacités.
  • Lutter contre l’idée d’enfants rois qui masque la problématique des adultes rois.

Pendant que nous dénonçons les « enfants rois », nous parlons très peu des adultes qui utilisent leur pouvoir contre eux. Pourtant, un enfant n’a pas les moyens de dominer un adulte. En revanche, un adulte peut profondément marquer le développement d’un enfant.

L’enjeu n’est donc pas de remettre les enfants « à leur place », mais de rappeler aux adultes leurs responsabilités.

Quand on trouve un enfant « capricieux », “difficile”, “sage”, “colérique”, on plaque des mots inadaptés au lieu de changer le regard qu’on porte sur leurs émotions.

Les comportements des enfants sont des stratégies d’adaptation.

Sauver les agresseurs : une approche délicate

Jeanne Roy n’oublie pas les agresseurs, au comportement souvent profondément dysfonctionnel. Selon elle, les critères pour envisager un travail de réparation doivent inclure des préalables incontournables :

  • La capacité à ressentir l’impulsivité de leurs actes.
  • La reconnaissance des faits violents.
  • Une capacité à admettre leurs torts.

Ce processus est long, rare et souvent limité par le degré d’anesthésie émotionnelle de ces individus.

Couper le contact avec un agresseur peut être nécessaire pour guérir

Maintenir le contact avec l’agresseur est une des premières sources du maintien du traumatisme. Dans l’immense majorité des situations de violence, la mise à distance de l’agresseur est la voie la plus protectrice pour permettre à l’enfant de se reconstruire. On pourra maintenir plus tard un lien symbolique avec les souvenirs positifs liés au parent, s’il en existe.

Le lien n’est PAS une excuse.

Il ne donne pas le droit au pardon automatique.

C’est un chemin personnel, qui appartient à l’enfant.


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Protéger les mères, c’est protéger les enfants

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Protéger les mères, c’est protéger les enfants

Protéger les mères, c’est protéger les enfants

Protéger une mère ne revient pas à oublier son enfant.

Ecouter une femme n’est PAS incompatible avec la recherche de l’intérêt supérieur de l’enfant. Au contraire.

L’histoire raconte très bien que les droits des mères et les droits des enfants avancent ensemble !

Pendant des siècles, les femmes et les enfants ont occupé une place comparable dans le droit : celle de personnes placées sous l’autorité d’un homme. Le père ou le mari détenait la puissance juridique, économique et sociale.

Les violences commises au sein de la famille étaient largement considérées comme des affaires privées.

Puis les droits des femmes ont progressé.

  • Le droit de travailler.
  • Le droit de disposer de leurs revenus.
  • Le droit de divorcer.
  • Le droit de refuser les violences.
  • Le droit d’être reconnues comme des sujets de droit à part entière.

Systématiquement, ces avancées ont permis une meilleure protection des enfants.

Car une mère qui possède des ressources peut quitter un conjoint violent.

Une mère que la justice écoute peut signaler les violences faites à son enfant.

Une mère qui bénéficie d’une protection peut, à son tour, protéger.

Ce n’est pas un hasard si les grandes avancées de la protection de l’enfance ont accompagné la reconnaissance progressive des violences conjugales, des violences sexuelles et du contrôle coercitif.

À l’inverse, chaque fois que la parole des femmes est discréditée, ce sont aussi les enfants qui deviennent plus difficiles à protéger.

Lorsqu’une mère est soupçonnée d’exagérer les violences, lorsqu’on lui demande de continuer à co-parenter malgré des violences, lorsqu’on considère

qu’elle doit maintenir coûte que coûte le lien avec un père violent, ce n’est pas seulement sa sécurité qui est mise en danger, c’est aussi celle de son enfant.

Dans la très grande majorité des situations de violences intrafamiliales, le parent qui tente d’alerter, de protéger, de consulter un médecin, un psychologue, un enseignant ou un juge est la mère.

Non parce que les femmes seraient naturellement plus protectrices, mais parce que notre organisation sociale fait encore reposer très largement sur elles la charge quotidienne des enfants, de leur santé, de leur sécurité et de leur éducation.

Affaiblir la mère affaiblit mécaniquement la protection de ses enfants.

Un homme qui exerce un contrôle coercitif sur sa compagne ne change pas soudainement de rapport au pouvoir lorsqu’il devient père. Les enfants grandissent dans ce système de domination, en sont témoins, victimes directes ou utilisés comme instruments de contrôle (violences vicariantes, instrumentalisation de la résidence, menaces, etc.). Dès lors, il devient artificiel de vouloir protéger l’enfant sans protéger le parent qui tente de le soustraire à cette violence.

Les violences faites aux femmes et aux enfants ne sont pas deux phénomènes qui coexistent mais les deux expressions d’un MÊME système de domination.


Vous pouvez retrouver tous nos derniers articles sur les mères protectrices ici :

LE PRIX DE LA PROTECTION Ce que raconte le documentaire de Fanny Lesbros « Le combat des mères protectrices »

Espaces médiatisés : quand les mères protectrices sont injustement jugées

Le supplice des mères protectrices

Témoignage de Farah, mère protectrice qui ne peut plus voir sa fille

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Visites médiatisées et violences intrafamiliales : une fausse solution

La première des inégalités est la violence intrafamiliale

La première des inégalités est la violence intrafamiliale

On parle souvent des inégalités de naissance : naître fille ou garçon, riche ou pauvre, noir ou blanc, valide ou handicapé, croyant ou non.

Mais il existe une autre inégalité, plus silencieuse encore et pourtant plus fondamentale.

La première des inégalités est de naître dans un foyer qui détruit.

Un enfant qui grandit dans la violence n’a même pas accès au minimum auquel tout être humain devrait avoir droit : un lieu où il peut dormir sans peur, grandir sans être humilié, aimer sans se méfier.

Le monde est parfois injuste.

Mais lorsqu’en plus la maison devient un lieu de danger, il n’existe plus aucun refuge.

C’est dans le foyer que naît la première rupture, fondamentale, entre les enfants.

Les uns peuvent affronter les difficultés du monde en sachant qu’ils trouveront, le soir, des adultes qui les protègent.

Les autres doivent survivre au monde… ET à leur propre foyer.

La protection de l’enfance ne consiste donc pas seulement à intervenir lorsque la violence est révélée.

Elle consiste d’abord à garantir à chaque enfant ce droit fondamental : celui d’avoir une maison qui protège, et non une maison dont il faut se protéger.


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La vigilance face à la violence est épuisante !

10 livres sur les violences intrafamiliales à lire absolument cet été

10 livres sur les violences intrafamiliales à lire cet été

La dernière allumette

Marie Vareille

Genre : Roman contemporain

Ce récit aborde le thème des violences intrafamiliales à travers le regard de ses victimes. Abigaelle recluse et muette dans un couvent veille sur son frère Gabriel qu’elle semble aimer autant qu’en avoir peur. Les statistiques sont sans appel : 3 enfants sur 4 victimes de violence deviendront soit bourreaux soit victimes.

C’est très bien écrit et terriblement bien vu, jusqu’au retournement de situation.

BASTA ! Guide d’autodéfense féministe pour ados

Maria Kronsky, Marion Le Muzic

Genre : Guide pour les ados

Basta! est un livre très important pour les ados et jeunes gens. Il donne plein de ressources de défenses verbales face à un grand éventail de violence.

Cette deuxième version est encore plus complète en type de situations et sortira le 21 août 2026.

Enfantisme

Claire Bourdille

Genre : Essai

Enfantisme est un livre passionnant, intelligent, facile d’accès pour une thématique tellement importante pour celles et ceux qui rêvent de vivre dans un monde meilleur, un monde où l’enfant ne serait plus un être inférieur qui ne subirait plus les violences adultistes. Ce livre nous fait comprendre pourquoi autant d’affaires de violence sur enfants sortent en ce moment ! Ne passez pas à côté !

Ces enfants qu’on maltraite

Dr Eugénie Izard

Genre : Essai

Dr Eugénie Izard fait partie de ces médecins courageux qui signalent pour protéger les enfants en danger. Après un signalement, elle a subi des menaces et représailles de la part du conseil de l’Ordre des médecins, qui a voulu la faire taire. Elle a décidé de briser le silence et de dévoiler le système organisationnel qui protège les agresseurs, en laissant les professionnels impuissants devant les enfants maltraités et victimes d’inceste. Ce livre indispensable est une ode à la résistance, un combat pour que cessent les violences intrafamiliales et que change le système en apportant aussi une série de solutions concrètes.

TES DROITS et TES BESOINS comptent

Edouard Durand, Mai Lan Chapiron

Genre : Livre illustré jeunesse

Dans cet ouvrage qui évoque 12 des droits fondamentaux des enfants tels qu’ils sont inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE), les textes incarnés du Juge Edouard Durand accompagnés des illustrations tendres et drôles de Mai Lan Chapiron sensibilisent les jeunes lecteurs à leurs droits et leurs besoins. Ce livre vise à inculquer une compréhension globale des droits fondamentaux des enfants et à encourager leur défense. Cela inclut également l’encouragement à l’expression personnelle et à la participation active à la société, renforçant ainsi la confiance en soi des enfants et leur capacité à faire entendre leurs voix.

Inceste d’Etat

Genre : Essai

Romane Brisard

Inceste d’Etat est un livre à lire absolument, il fait un pendant très pertinent au livre Enfantisme car on y comprend les conséquences de l’adultisme au niveau politique et juridique : les enfants qui dénoncent l’inceste (ou les violences intrafamiliales) ne sont absolument pas protégés en France. Les mères protectrices sont d’ailleurs criminalisées. “Document d’utilité publique, il rend aussi hommage à ces femmes qui, refusant l’inacceptable, sont devenues à leur corps défendant des résistantes.”

Une ENFANCE en NORD

Marion Cuerq

Genre : Educatif

Marion Cuerq, spécialiste de la Suède, vous propose de regarder du côté du pays qui a entamé sa révolution éducative dès 1979 en abolissant les punitions corporelles et les humiliations, tandis que la France, elle, n’a interdit les violences éducatives ordinaires qu’en 2019.

Elle vous invite à adopter la hauteur-d’enfant pour percevoir le monde à travers les yeux des petits. En changeant votre regard sur vos enfants, en établissant avec eux un nouveau rapport, horizontal, vous pourrez enfin vous frayer un chemin vers une relation apaisée.

Je suis moi et personne d’autre

Baptiste Beaulieu, illustration Qin Leng

Genre : Livre illustré jeunesse

Un livre, plein de finesse, indispensable pour les enfants et même les adultes ! Respecter son identité, ne pas s’effacer pour satisfaire les autres, est l’apprentissage d’une vie entière. Ce livre raconte à quel point il est important de savoir dire non, pour être soi et personne d’autre.

Le contrôle coercitif

Andreea Gruev-Vintila

Genre : Essai

Deuxième édition complétée et actualisée sur le contrôle coercitif : concept central d’une approche globale des violences conjugales et des violences intrafamiliales comme atteinte aux droits humains. Il est le répertoire des comportements oppressifs basés sur le privilège donné par le sexe.

Comment les agresseurs familiaux attaquent-ils, avant et après la séparation, les droits, la liberté, la santé des victimes ? Pourquoi les effets du contrôle coercitif sont-ils durablement dévastateurs ? Comment appréhender ce précurseur majeur de la quasi-totalité des féminicides qui est aussi le contexte prévalent des violences envers les enfants ? Un livre indispensable pour comprendre et travailler avec pertinence dans la protection des enfants victimes de violences intrafamiliales.

Protéger son enfant des violences sexuelles

Joanna Smith

Genre : Essai

Livre incontournable pour les parents. Il nous apprend les bons outils pour protéger nos enfants des violences et particulièrement des violences sexuelles. Que ce soit dans l’éducation positive, dans le respect du corps (pas d’obligation au bisou !), la complicité que l’on doit entretenir avec nos enfants pour éviter les secrets malaisants, dans le repérage des comportements à risque des personnes mal intentionnées. Connaître et repérer les stratégies des agresseurs est un bon moyen pour les repousser ! Toujours également avoir en tête le « Nommer-Recadrer », très utile dans toutes les situations gênantes. En revanche, l’auteur ne parle pas des difficultés de protéger son enfant s’il a été agressé par l’autre parent.


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Maltraitance : les 10 livres qui ont aidé Plume, ancienne enfant victime

9 livres pour mieux comprendre les mécanismes des violences intrafamiliales