Témoignage de Corinne, mère de 5 enfants, victime de violences conjugales, parentales et institutionnelles

Témoignage de Corinne, mère de 5 enfants, victime de violences conjugales, parentales et institutionnelles

Témoignage de Corinne, mère de 5 enfants, victime de violences conjugales, parentales et institutionnelles

Corinne pensait avoir une vie de famille “normale”.

Et puis un jour, elle a réalisé.

30 ans sous emprise.

Une séparation.

Des plaintes ignorées.

Des enfants enlevés.

Voici le témoignage d’une mère protectrice, effacée par la justice, rattrapée par la violence.

Un récit qui montre à quel point le système, encore aujourd’hui, ne protège pas les enfants.

Et continue de punir celles qui essaient de le faire.

Corinne avait une vingtaine d’années quand elle a rencontré celui qui allait devenir son mari.

Ayant grandie dans un environnement très religieux, presque sectaire, elle a été élevée dans l’idée que l’épouse doit obéissance, que les souffrances sont offertes à Dieu et que le pardon est la plus haute vertu. Elle a porté sa croix, exactement comme on le lui avait appris.

Très tôt, le mari qu’on lui a choisi prend le contrôle. Il décide de tout : l’argent, les fréquentations, le rythme de vie. Il surveille, critique, impose. Les humiliations et les violences physiques sont quotidiennes, sous les yeux des enfants. Comme beaucoup de femmes, Corinne croit que c’est sa faute, qu’elle doit être plus calme, moins « provoquer ». Elle subit pendant des années.

Ensemble, ils ont cinq enfants. Corinne s’efforce d’être une mère attentive, douce, présente. Les enfants sont sa force… mais aussi sa faille. Chaque fois qu’elle évoque l’idée de partir, il la menace de les lui enlever. Il sait qu’elle le croit capable de tout. Il a déjà commencé à distiller l’idée qu’elle est instable, trop émotive, déconnectée de la réalité. Il s’en servira plus tard devant les juges.

Quand elle finit enfin par quitter le domicile conjugal, Corinne pense qu’elle va pouvoir protéger ses enfants.

Mais le cauchemar prend une autre forme, plus institutionnelle et froide : celle des procédures, des jugements, des rapports, des classements sans suite.

Le père se présente en victime, et la présente en mère déséquilibrée.

Le système tranche : il faut « préserver le lien« .

Même au prix de la sécurité.

Elle porte plainte pour violences, menaces, harcèlement, enlèvement d’enfant. Après sept ans de parcours juridique, les plaintes sont classées sans suite, y compris celle, liée à 30 jours d’ITT ordonnés par un médecin légiste. Sept ans d’attente, de relances, d’espoir. Pour rien. Son premier avocat lui avait déconseillé de parler des violences pour « préserver les chances d’une garde partagée« . Corinne, encore sous emprise, pense alors que protéger ses enfants, c’est éviter les conflits. Elle ne sait pas, à ce moment-là, nommer les choses. Et ce silence a biaisé tout le reste.

Une expertise judiciaire est ordonnée.

La psychologue ne voit ni le traumatisme, ni l’emprise.

Elle évoque plutôt une mère confuse, instable, fatiguée.

Cette “experte” ignore les témoignages des enfants, des amis, les certificats médicaux, les écrits de professionnels. La parole de Corinne est toujours suspectée, celle du père crédible.

Pourtant, les enfants parlent. Ils racontent les cris, les coups, les menaces. Ils expliquent pourquoi ils ne veulent pas vivre chez leur père. Ils parlent des scènes de violence. Mais les éducateurs concluent que « des souvenirs ont été induits« , que Corinne aurait manipulé ses enfants. Une manière de renverser la charge. Une stratégie connue qui malheureusement fonctionne toujours.

Pendant ce temps, l’ex-mari exerce une violence économique. Il retire Corinne de sa mutuelle mais garde les enfants.

Elle paie les soins, il touche les remboursements.

Il refuse de participer aux frais de cantine ou d’activités, prétextant que rien n’est validé d’un commun accord. Elle s’endette. Elle passe par la commission de surendettement. Lui continue à jouer le rôle du père stable.

Même l’avocat médiatique de Corinne s’y met : il encaisse un chèque qu’il avait promis d’encaisser plus tard. Elle se retrouve fichée bancaire. Cet avocat ne se déplace pas aux audiences… mais la fait payer. Un harcèlement institutionnel de plus.

Dans sa propre famille, qui ne supporte pas son éloignement religieux, elle ne trouve pas d’appui. Son père, pédiatre respecté, prend parti pour son ex-mari. Sa mère dit préférer voir ses petits-enfants placés plutôt qu’avec Corinne. L’isolement devient total.

Même entourée, elle est seule. Et le sentiment d’injustice s’accumule.

Elle tente pourtant de faire valoir ses droits, d’être entendue. Elle change d’avocat, rejoint des associations, rencontre des professionnels compétents, mais toujours trop tard. Le mal est fait. Le dossier est jugé à travers un prisme biaisé. La parole maternelle, comme celle de tant d’autres, est reléguée au rang de stratégie.

Pendant le confinement, son ex-mari finit par obtenir la garde de deux de leurs enfants. Corinne, en précarité, n’a pas pu s’y opposer. Elle voit ses enfants s’éloigner, happés par la version de leur père, construite patiemment depuis des années. Elle tente de garder le lien, mais le poids du mensonge est lourd.

Et les enfants, pour survivre, finissent parfois par croire leur père, bien plus fort.

Corinne participe à une exposition photographique sur les parents aliénés. Quand il découvre le projet, le père fait pression pour faire retirer le témoignage. Bien qu’il ne soit pas nommé, il comprend que c’est elle. Et il exige le silence. Encore.

Comme si dire la vérité dérangeait plus que la vérité elle-même…

Aujourd’hui, Corinne continue de se battre. Elle forme des travailleurs sociaux aux réalités du contrôle coercitif. Elle milite pour une meilleure reconnaissance de l’emprise. Elle intervient parfois dans des conférences. Elle écrit.

Elle envisage un livre, tiraillée entre la nécessité de témoigner et le souci de protéger ses enfants.

Elle ne sait pas encore si la justice réparera un jour ce qui a été cassé. Mais elle sait que se taire serait une double peine. Alors elle parle. Pour elle. Pour ses enfants. Pour toutes les femmes qui vivent encore dans l’ombre de ce que la société appelle, à tort, un conflit parental.

Ce que Corinne aimerait qu’on comprenne, c’est que les violences ne s’arrêtent pas à la séparation.

Souvent, elles ne font que commencer.

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Protéger l'enfant

7 commentaires

Nathalie REITER Avocat Publié le21h48 - 17 août 2025

La situation de Corinne est étrangement similaire à celles de nombreuses femmes et mères victimes que je rencontre depuis plus de 30 ans. Sans même aborder la question de la reconnaissance de sa qualité de victime par la Justice, comment expliquer que de telles situations existent et perdurent en dépit de toutes les structures existantes ?

    Hernandez chrystelle Publié le14h32 - 25 août 2025

    Bonjour.
    Je ne suis pas étonnée malheureusement par ce témoignage. Je vis actuellement la meme chose mon mari a ete condamné a un simple stage contre la violence suite a sa il m a encore violentée et maintenant il demande la garde de notre fille car il dit que suis instable et manipulatrice. Je me sens si seule face a tout ca et ce système judiciaire qui me laisse comme ca ! Nous vivons dans la peur aujourd’hui et personne ne fait rien .

Marie Braz Publié le10h36 - 21 août 2025

Je suis abasourdi par ce témoignage.
Comment peut-on traiter les femmes de cette façon.
Je suis en colère contre ce système qui protège les maris violents.
Que faire ? Que faire pour que cela cesse… Je n’en peux plus de lire, d’entendre, ces femmes qui souffrent, ces femmes que l’on n’écoute pas…..

Anonymous Publié le14h34 - 30 septembre 2025

Les pervers narcissiques sont par définitions des manipulateurs. Ils ne manipulent pas que leur femme, ils savent aussi manipuler les assistantes sociales. Après, elle font des rapports où elles ecrivent que c’est un monsieur très bien, qui collabore avec les services sociaux, etc. Tandis que la mère, qui proteste (et pour cause!) est considérées au mieux comme une emmerdeuse.

Lilou Publié le15h21 - 23 mars 2026

Ce témoignage met en lumière une réalité que trop de parents et en particulier de mères vivent encore aujourd’hui dans le silence et l’incompréhension.
Je me reconnais profondément dans ce parcours. Comme Corinne, je me bats encore pour protéger mon enfant. Et comme beaucoup, j’ai découvert que les violences ne s’arrêtent pas à la séparation : elles se transforment, deviennent plus insidieuses, et trouvent parfois un relais dans les institutions censées protéger.
Le système judiciaire de protection de l’enfance, qu’il s’agisse des juges aux affaires familiales ou des juges pour enfants, peut, dans certains cas, produire l’inverse de ce qu’il promet. Par manque de formation aux mécanismes d’emprise et de contrôle coercitif, par une lecture biaisée des situations, ou par une volonté systématique de maintenir le lien à tout prix, il en vient à exposer les enfants à des environnements nocifs, tout en disqualifiant le parent protecteur.
Ce renversement est extrêmement violent : la parole de l’enfant est minimisée, celle du parent protecteur est suspectée, et celui qui exerce la violence parvient à se présenter comme stable et crédible.
Les conséquences sont lourdes. Ce système, lorsqu’il dysfonctionne, ne se contente pas d’échouer à protéger : il abîme les enfants, et détruit progressivement les parents qui tentent de les défendre.
Il est urgent de reconnaître ces dérives, de former les professionnels à la réalité des violences post-séparation, et de remettre au centre une seule priorité la sécurité et l’intérêt réel de l’enfant.
Parce que protéger un enfant ne devrait jamais devenir un combat contre les institutions.

témoignage de Farah, privée de sa fille Publié le17h37 - 12 avril 2026

[…] Témoignage de Corinne, mère de 5 enfants, victime de violences conjugales, parentales et instituti… […]

Pousse Guillaume Publié le10h33 - 8 juin 2026

Bonjour à toutes, à tous aussi,
Effectivement bien que de sexe masculin je me reconnais personnellement, en partie, dans les mécanismes systémique d’absence de soutien, voire d’inversion du soutien dû aux victimes qui empêche compromet, décourage ou au mieux seulement retarde une sortie efficace pour la victime de l’emprise exercée par l’agresseur (cas plus que majoritaire en général, mais dans mon cas de l’agresseuse) conjugale et parentale.
Le plus souvent, nombreu.ses.x de ces agreseurs lorsqu’ils/elles exercent ainsi une emprise de façon dissimulée sont d’une personnalité narcissique, perverse, manipulatrice, expérimentée.
Ils, elles, se font passer, dans ce cas de renversement du soutien dû aux victimes, comme victimes, avec efficacité. Nombreuses de ces personnalités perverses ont été victimes d’un crime dont elles se sentaient coupables et s’en dédouanent en le minimisent, en le réitérant sur leurs plus proches intimes.
Elles ont déjà manquées au moins tacitement de soutien par le passé et sont intérieurement sincères lorsqu’elles renversent le soutien dû à leurs victimes à leur usage propre.
L’agresseur.se utilise alors le doute impartial de la justice pour l’instrumentaliser contre la victime, et affirmer ainsi son emprise, la décourager de trouver juste protection sociale et juridique, en ayant le beau rôle de dénoncer les effets délétères visibles sur la victime pour souligner son état de faiblesse dans laquelle il/elle l’entretient, en en cachant les causes, ses propres agissements sur la victime systématiquement à minima perturbateurs, réducteurs, inéquitables, mensongers et ses violences qui bien que dissimulées par son vernis de mensonges « cohérents » au premier examen s’exercent sous de multiples formes directes et indirectes (psychologiques, financières, administratives, sociales, amicales et familiales, mais encore physiques, et malheureusement souvent létales ou mortifères à plus ou moins longs termes) mais ici aggraver par l’usage de l’implication institutionnelle dans ses violences et son déni de justice. L’agresseur,se organise alors un cercle vicieux autour de la victime qui fuie j’espère son emprise, si possible en retournant chaque intervenants qui devraient, voudraient soutenir la victime, la protéger, et la libérer voire l’aider dans sa prise de conscience des mécanismes agissant de l’emprise, et ensuite dans la recontruction nécessaire de sa personnalité propre, libre et autonome, en les retournant disais-je, à ses propres fins, et en les impliquant dans le renforcement de la croûte de mensonges et de déni dissimulant ses agissements criminels.
L’examen est complexe de qui est l’auteur des violences de qui est en est la victime, de qui est perturbé et qui est perturbateur, qui s’acharne à réduire et instrumentaliser l’autre, qui fuie et tente d’obtenir soutien dans sa défense et sa reconstruction.
Il doit être mené avec méthode et rigueur, non dans l’acceptation des apparences mais dans la recherche des faits délictueux.
Les violences physiques, mais encore plus psychologiques sont souvent difficiles à prouver sur un fait unique et documenté sauf lorsque se sentant dans l’impunité l’agresseur.se se lâche à commettre le pire dont il est capable.
L’évidence peut mieux venir d’un gel de la situation relationnel, toujours profitable, ne serait-ce que par le répit produit, à la victime, et par l’examen complet, de la situation effective, sans jugement de chacun et chacune des parties.
Les allégations du pervers narcissique comme de la victime encore sous emprise totale ou encore partielle peuvent être exactes mais encore inexactes ou partielles, maximisées ou minimisées, par l’auteur comme par l’objet de ces violences. Je dis objet car c’est le but et l’effet de l’emprise que de n’être plus considéré.e que comme un objet du sujet pervers, dans l’oubli de ses propres subjections libres et de leurs puissancez potentiellez à se libérer du mal subi.
Il faut écouter mais ensuite faire l’effort de vérifier finement les allégations de chaque partie. Il faut encore vérifier qui crée les incidents et à qui ils profitent. Cette prise de recul sérieuse à investir, agissante pour agir ensuite de façon plus déterminée et efficace me semble être une voie de libération des victimes de violences sous emprise, et d’effacement effectif du déni sur les violences en lieu et place de la co-emprise équitable réciproque amoureuse de deux personnes libres de la quitter.
Sur réagir ou réagir dans le mauvais sens n’est pas dissiper ce déni. C’est l’apesantir
De la même façon que de ne rien faire.

Merci de m’avoir lu.
J’espère que la restitution ici de mon travail de sortie d’emprise d’analyse des mécanismes tentant de m’enfermer dans l souffrance pourra être utile à quelqu’une ou à quelqu’un.

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