Archives dans 12 août 2026

La notion d’attachement dans le développement de l’enfant : Jeanne Roy, travailleuse sociale spécialisée en attachement et en développement de l’enfant

La notion d'attachement dans le développement de l'enfant

L’enfant a besoin de 2 types de nourriture celle qui provient des aliments et celle qui provient de l’attachement.

Le premier groupe de besoins fondamentaux d’un enfant est logiquement de se nourrir, de s’hydrater et de dormir. Le second, consécutif, est de s’attacher à un adulte de référence. On connait bien le premier pourtant le second est tout aussi fondamental.

Lors d’un entretien, Jeanne Roy nous a expliqué que l’attachement est un méta-besoin à la base du développement.

Il s’apparente à de la survie pour le bébé humain. Dès sa naissance, l’enfant dépend physiquement et psychologiquement de son parent principal (très souvent la mère).

Sans possibilité encore de s’exprimer avec des mots, les pleurs, les cris, les regards ou les sourires sont autant de moyens par lesquels ils cherchent à obtenir une réponse.

Jeanne Roy souligne que ces émotions et comportements sont innés et visent à établir une proximité avec la figure d’attachement. Face à des situations stressantes, l’enfant sollicite naturellement ses parents.

La qualité de cet attachement ainsi que le bon développement psychologique des bébés humains reposent sur une réponse appropriée à leurs réactions et particulièrement à leur détresse.

La manière dont les parents répondent (ou non) aux sollicitations détermine la formation d’un attachement sécurisant (ou non…). Si cette détresse est ignorée, l’enfant risque de subir des traumatismes qui affecteront durablement son développement émotionnel et cognitif.

Les 2 fonctions principales de l’attachement sont :

  • L’apaisement : Permettre à l’enfant de se sentir en sécurité et détendu pour grandir sereinement.
  • L’exploration : Favoriser la confiance pour être en capacité de s’éloigner et de revenir vers la figure d’attachement, renforçant l’autonomie naturelle.

Les styles d’attachement : du sécurisant au désorganisé

Dans nos sociétés, beaucoup d’adultes ont vécu des expériences négatives durant l’enfance qui marquent encore leur façon d’entrer en relation. Leurs parents les dénigraient ou ignoraient leurs besoins et leurs émotions. Alors, ils ont appris à composer avec et ont développé une insécurité dans d’attachement.

Leurs styles de comportement abimé se déclinent en plusieurs catégories :

  1. L’attachement évitant
  2. L’attachement ambivalent/résistant
  3. L’attachement désorganisé

L’attachement évitant

Les parents dénigrent ou ignorent les émotions de l’enfant.

L’enfant apprend à cacher ses émotions pour éviter le rejet.

Quand l’adulte minimise ou rejette les émotions de l’enfant (colère, tristesse, peur…), il envoie un message : “Tes émotions sont gênantes, exagérées, inacceptables.

Résultat : l’enfant apprend à ne plus les montrer. Il devient “sage”, “facile”, mais profondément déconnecté de ses ressentis. Ce n’est pas de l’autonomie. C’est un renoncement à la relation.

Impact : L’enfant développe une distance émotionnelle et une difficulté à créer des liens profonds.

L’attachement ambivalent/résistant

  • Les parents réagissent de manière imprévisible à la détresse de l’enfant.
  • L’enfant multiplie les sollicitations dans l’espoir d’obtenir une réponse.

Face à des parents imprévisibles, anxieux, à l’attitude “on/off”, l’enfant vit dans l’incertitude. Parfois sa détresse est ignorée, parfois elle est prise en compte. C’est aléatoire.

Résultat : il répète ses appels à l’aide encore et encore, variant l’intensité dans l’espoir d’obtenir une bonne réaction.

Il déborde, s’accroche et a peur qu’on l’abandonne à chaque instant.

Impact : Une hyper-dépendance émotionnelle et une peur constante de l’abandon.

L’attachement désorganisé

  • Concerne souvent les enfants exposés à la violence ou à des environnements dysfonctionnels.
  • L’enfant vit dans une peur constante, développant une vigilance extrême ou des comportements violents

Quand le parent est lui-même violent, dangereux ou imprévisible, l’enfant vit dans une confusion extrême : “Celui qui est censé me protéger me fait peur.” Il entre alors dans un mode de survie, se fige, se rend invisible, devient agressif, incontrôlable. On les voit “difficiles”, mais ils sont surtout en danger.

Impact : Une difficulté à explorer et une vision du monde comme dangereux et imprévisible.

La reconstruction après la violence

Un enfant vivant dans un environnement violent peut ressentir des émotions ambivalentes envers son agresseur : l’aimer et craindre cette personne simultanément. C’est normal.

Pour accompagner cet enfant :

  • Reconnaître l’ambivalence de l’enfant : Certains enfants gardent des souvenirs positifs du parent violent, d’autres non. Il est important de partir de ce que l’enfant ressent réellement, sans lui imposer une vision de son histoire. Si l’enfant évoque spontanément des souvenirs heureux avec ce parent, ils peuvent coexister avec les violences subies. S’il n’en existe pas, il ne faut pas chercher à en créer.
  • Reconnecter aux sensations : Les enfants se coupent souvent de leurs émotions mais aussi de leurs sensations corporelles. Plutôt que de leur demander de raconter encore et encore les violences, un adulte fiable peut partir d’un souvenir ou d’une image évoquée par l’enfant, puis l’aider à reconnaître ce qui se passe dans son corps : « Où sens-tu cette peur ? », « Que ressens-tu ici ? ». Retrouver ce lien entre le corps, les émotions et les pensées participe à la reconstruction. Surtout que beaucoup d’enfants pensent être responsables des violences qu’ils subissent. L’enjeu n’est pas de les contredire immédiatement mais d’accueillir leur vécu, afin qu’ils puissent progressivement reconstruire une perception plus juste d’eux-mêmes.

Selon Jeanne Roy, le cerveau humain se divise en trois parties principales, qui interagissent dans la régulation des émotions et des comportements :

  1. Le cerveau reptilien (partie basse) : Responsable des instincts de survie et des réactions corporelles.
  2. Le cerveau limbique (partie centrale) : Centre des émotions.
  3. Le cortex cérébral (partie supérieure) : Siège des fonctions cognitives comme la réflexion et la planification.

Lorsqu’un enfant est victime de violence, les parties basse et centrale du cerveau prennent le dessus, limitant sa capacité à réfléchir et à analyser. L’aider à rétablir ce lien entre ses sensations (cerveau reptilien), ses émotions (limbique) et ses pensées (cortex) est la base de la reconstruction.

Le rôle du parent protecteur

Le parent protecteur peut faire face à la colère de l’enfant quand celui-ci ne se sent pas protégé complètement de l’agresseur.

Pour maintenir un lien solide :

  • Reconnaître et valider la colère de l’enfant.
  • Exprimer ses propres émotions et son engagement continu à chercher des solutions.
  • Introduire des figures adultes positives pour renforcer la confiance et le sentiment de sécurité de l’enfant.

Il est essentiel de parler des faits de manière factuelle, sans diffamation, mais en reconnaissant la réalité : les actes violents, leur impact et la douleur qu’ils provoquent.

L’équidignité : l’équilibre dans les relations adulte-enfant

Notre société est marquée par une domination (non reconnue) des adultes sur les enfants. Les enfants sont contraints de s’adapter à des rythmes et des attentes d’adultes, au lieu d’être respectés dans leur individualité et leur rythme propre.

Jeanne Roy propose une posture différente : l’équidignité, un respect mutuel où adultes et enfants sont considérés comme égaux en dignité. Cela implique de :

  • Reconnaître le stress des enfants et leur offrir des espaces sécurisés.
  • Adapter les interactions en fonction de leurs capacités.
  • Lutter contre l’idée d’enfants rois qui masque la problématique des adultes rois.

Pendant que nous dénonçons les « enfants rois », nous parlons très peu des adultes qui utilisent leur pouvoir contre eux. Pourtant, un enfant n’a pas les moyens de dominer un adulte. En revanche, un adulte peut profondément marquer le développement d’un enfant.

L’enjeu n’est donc pas de remettre les enfants « à leur place », mais de rappeler aux adultes leurs responsabilités.

Quand on trouve un enfant « capricieux », “difficile”, “sage”, “colérique”, on plaque des mots inadaptés au lieu de changer le regard qu’on porte sur leurs émotions.

Les comportements des enfants sont des stratégies d’adaptation.

Sauver les agresseurs : une approche délicate

Jeanne Roy n’oublie pas les agresseurs, au comportement souvent profondément dysfonctionnel. Selon elle, les critères pour envisager un travail de réparation doivent inclure des préalables incontournables :

  • La capacité à ressentir l’impulsivité de leurs actes.
  • La reconnaissance des faits violents.
  • Une capacité à admettre leurs torts.

Ce processus est long, rare et souvent limité par le degré d’anesthésie émotionnelle de ces individus.

Couper le contact avec un agresseur peut être nécessaire pour guérir

Maintenir le contact avec l’agresseur est une des premières sources du maintien du traumatisme. Dans l’immense majorité des situations de violence, la mise à distance de l’agresseur est la voie la plus protectrice pour permettre à l’enfant de se reconstruire. On pourra maintenir plus tard un lien symbolique avec les souvenirs positifs liés au parent, s’il en existe.

Le lien n’est PAS une excuse.

Il ne donne pas le droit au pardon automatique.

C’est un chemin personnel, qui appartient à l’enfant.


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Protéger les mères, c’est protéger les enfants

Protéger les mères, c’est protéger les enfants

Protéger une mère ne revient pas à oublier son enfant.

Ecouter une femme n’est PAS incompatible avec la recherche de l’intérêt supérieur de l’enfant. Au contraire.

L’histoire raconte très bien que les droits des mères et les droits des enfants avancent ensemble !

Pendant des siècles, les femmes et les enfants ont occupé une place comparable dans le droit : celle de personnes placées sous l’autorité d’un homme. Le père ou le mari détenait la puissance juridique, économique et sociale.

Les violences commises au sein de la famille étaient largement considérées comme des affaires privées.

Puis les droits des femmes ont progressé.

  • Le droit de travailler.
  • Le droit de disposer de leurs revenus.
  • Le droit de divorcer.
  • Le droit de refuser les violences.
  • Le droit d’être reconnues comme des sujets de droit à part entière.

Systématiquement, ces avancées ont permis une meilleure protection des enfants.

Car une mère qui possède des ressources peut quitter un conjoint violent.

Une mère que la justice écoute peut signaler les violences faites à son enfant.

Une mère qui bénéficie d’une protection peut, à son tour, protéger.

Ce n’est pas un hasard si les grandes avancées de la protection de l’enfance ont accompagné la reconnaissance progressive des violences conjugales, des violences sexuelles et du contrôle coercitif.

À l’inverse, chaque fois que la parole des femmes est discréditée, ce sont aussi les enfants qui deviennent plus difficiles à protéger.

Lorsqu’une mère est soupçonnée d’exagérer les violences, lorsqu’on lui demande de continuer à co-parenter malgré des violences, lorsqu’on considère

qu’elle doit maintenir coûte que coûte le lien avec un père violent, ce n’est pas seulement sa sécurité qui est mise en danger, c’est aussi celle de son enfant.

Dans la très grande majorité des situations de violences intrafamiliales, le parent qui tente d’alerter, de protéger, de consulter un médecin, un psychologue, un enseignant ou un juge est la mère.

Non parce que les femmes seraient naturellement plus protectrices, mais parce que notre organisation sociale fait encore reposer très largement sur elles la charge quotidienne des enfants, de leur santé, de leur sécurité et de leur éducation.

Affaiblir la mère affaiblit mécaniquement la protection de ses enfants.

Un homme qui exerce un contrôle coercitif sur sa compagne ne change pas soudainement de rapport au pouvoir lorsqu’il devient père. Les enfants grandissent dans ce système de domination, en sont témoins, victimes directes ou utilisés comme instruments de contrôle (violences vicariantes, instrumentalisation de la résidence, menaces, etc.). Dès lors, il devient artificiel de vouloir protéger l’enfant sans protéger le parent qui tente de le soustraire à cette violence.

Les violences faites aux femmes et aux enfants ne sont pas deux phénomènes qui coexistent mais les deux expressions d’un MÊME système de domination.


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LE PRIX DE LA PROTECTION Ce que raconte le documentaire de Fanny Lesbros « Le combat des mères protectrices »

Espaces médiatisés : quand les mères protectrices sont injustement jugées

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Visites médiatisées et violences intrafamiliales : une fausse solution

La première des inégalités est la violence intrafamiliale

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On parle souvent des inégalités de naissance : naître fille ou garçon, riche ou pauvre, noir ou blanc, valide ou handicapé, croyant ou non.

Mais il existe une autre inégalité, plus silencieuse encore et pourtant plus fondamentale.

La première des inégalités est de naître dans un foyer qui détruit.

Un enfant qui grandit dans la violence n’a même pas accès au minimum auquel tout être humain devrait avoir droit : un lieu où il peut dormir sans peur, grandir sans être humilié, aimer sans se méfier.

Le monde est parfois injuste.

Mais lorsqu’en plus la maison devient un lieu de danger, il n’existe plus aucun refuge.

C’est dans le foyer que naît la première rupture, fondamentale, entre les enfants.

Les uns peuvent affronter les difficultés du monde en sachant qu’ils trouveront, le soir, des adultes qui les protègent.

Les autres doivent survivre au monde… ET à leur propre foyer.

La protection de l’enfance ne consiste donc pas seulement à intervenir lorsque la violence est révélée.

Elle consiste d’abord à garantir à chaque enfant ce droit fondamental : celui d’avoir une maison qui protège, et non une maison dont il faut se protéger.


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La vigilance face à la violence est épuisante !

Pourquoi certaines femmes tombent-t-elles sans cesse sous l’emprise d’hommes toxiques ?

Pourquoi certaines femmes tombent-t-elles sans cesse sous l'emprise d'hommes toxiques ?

Par Caroline BREHAT, autrice, psychothérapeute et psychanalyste

Vignette clinique

Jennifer a 26 ans. Petite fille, elle a subi des violences incestueuses de la part de son père avec qui elle a coupé les ponts pendant plusieurs années, puis a 20 ans, elle a décidé de reprendre contact avec lui. En tout, Jennifer a rencontré 5 hommes toxiques qui l’ont tous mis sous emprise. Chacun de ces hommes a en fait réactivé son attachement traumatique avec son père.

Le travail thérapeutique nous permet de comprendre en effet que derrière chaque homme empriseur se cache le lien d’attachement traumatique avec son père.

Jennifer souffre d’un traumatisme développemental précoce à une période où ses modèles d’attachement et de sécurité étaient en pleine construction.


Elle souffre donc d’un attachement très insecure, d’un lien d’attachement traumatique (« trauma bond ») et d’un besoin de réparation.

Jennifer doit comprendre ce qui se joue ou se rejoue en termes de répétition relationnelle. En psychanalyse, on parle de compulsion de répétition ; dans les approches cognitivo-comportementales et neuroscientifiques, on évoque davantage des schémas relationnels internalisés, des modèles d’attachement et des mécanismes neurobiologiques du traumatisme (le « renforcement intermittent »).


Tant que le lien d’attachement traumatique et les représentations relationnelles qui en découlent ne sont pas suffisamment élaborés, il existe un risque REEL que Jennifer soit toujours attirée ou vulnérable à des partenaires reproduisant des dynamiques d’emprise similaires à son père.

Le travail thérapeutique doit dès lors viser à :


1) élaborer les traumatismes et leurs conséquences ;
2) différencier amour, attachement, peur, culpabilité et emprise/subjugation ;
3) accroître les capacités de Jennifer à reconnaître les signes précoces de contrôle et de manipulation ;
4) développer un sentiment de sécurité interne et une estime de soi plus stable ;
5) comprendre ce qui la maintient dans le lien d’attachement traumatique avec son père.


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Rencontre avec Caroline Bréhat

10 livres sur les violences intrafamiliales à lire absolument cet été

10 livres sur les violences intrafamiliales à lire cet été

La dernière allumette

Marie Vareille

Genre : Roman contemporain

Ce récit aborde le thème des violences intrafamiliales à travers le regard de ses victimes. Abigaelle recluse et muette dans un couvent veille sur son frère Gabriel qu’elle semble aimer autant qu’en avoir peur. Les statistiques sont sans appel : 3 enfants sur 4 victimes de violence deviendront soit bourreaux soit victimes.

C’est très bien écrit et terriblement bien vu, jusqu’au retournement de situation.

BASTA ! Guide d’autodéfense féministe pour ados

Maria Kronsky, Marion Le Muzic

Genre : Guide pour les ados

Basta! est un livre très important pour les ados et jeunes gens. Il donne plein de ressources de défenses verbales face à un grand éventail de violence.

Cette deuxième version est encore plus complète en type de situations et sortira le 21 août 2026.

Enfantisme

Claire Bourdille

Genre : Essai

Enfantisme est un livre passionnant, intelligent, facile d’accès pour une thématique tellement importante pour celles et ceux qui rêvent de vivre dans un monde meilleur, un monde où l’enfant ne serait plus un être inférieur qui ne subirait plus les violences adultistes. Ce livre nous fait comprendre pourquoi autant d’affaires de violence sur enfants sortent en ce moment ! Ne passez pas à côté !

Ces enfants qu’on maltraite

Dr Eugénie Izard

Genre : Essai

Dr Eugénie Izard fait partie de ces médecins courageux qui signalent pour protéger les enfants en danger. Après un signalement, elle a subi des menaces et représailles de la part du conseil de l’Ordre des médecins, qui a voulu la faire taire. Elle a décidé de briser le silence et de dévoiler le système organisationnel qui protège les agresseurs, en laissant les professionnels impuissants devant les enfants maltraités et victimes d’inceste. Ce livre indispensable est une ode à la résistance, un combat pour que cessent les violences intrafamiliales et que change le système en apportant aussi une série de solutions concrètes.

TES DROITS et TES BESOINS comptent

Edouard Durand, Mai Lan Chapiron

Genre : Livre illustré jeunesse

Dans cet ouvrage qui évoque 12 des droits fondamentaux des enfants tels qu’ils sont inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE), les textes incarnés du Juge Edouard Durand accompagnés des illustrations tendres et drôles de Mai Lan Chapiron sensibilisent les jeunes lecteurs à leurs droits et leurs besoins. Ce livre vise à inculquer une compréhension globale des droits fondamentaux des enfants et à encourager leur défense. Cela inclut également l’encouragement à l’expression personnelle et à la participation active à la société, renforçant ainsi la confiance en soi des enfants et leur capacité à faire entendre leurs voix.

Inceste d’Etat

Genre : Essai

Romane Brisard

Inceste d’Etat est un livre à lire absolument, il fait un pendant très pertinent au livre Enfantisme car on y comprend les conséquences de l’adultisme au niveau politique et juridique : les enfants qui dénoncent l’inceste (ou les violences intrafamiliales) ne sont absolument pas protégés en France. Les mères protectrices sont d’ailleurs criminalisées. “Document d’utilité publique, il rend aussi hommage à ces femmes qui, refusant l’inacceptable, sont devenues à leur corps défendant des résistantes.

Une ENFANCE en NORD

Marion Cuerq

Genre : Educatif

Marion Cuerq, spécialiste de la Suède, vous propose de regarder du côté du pays qui a entamé sa révolution éducative dès 1979 en abolissant les punitions corporelles et les humiliations, tandis que la France, elle, n’a interdit les violences éducatives ordinaires qu’en 2019.

Elle vous invite à adopter la hauteur-d’enfant pour percevoir le monde à travers les yeux des petits. En changeant votre regard sur vos enfants, en établissant avec eux un nouveau rapport, horizontal, vous pourrez enfin vous frayer un chemin vers une relation apaisée.

Je suis moi et personne d’autre

Baptiste Beaulieu, illustration Qin Leng

Genre : Livre illustré jeunesse

Un livre, plein de finesse, indispensable pour les enfants et même les adultes ! Respecter son identité, ne pas s’effacer pour satisfaire les autres, est l’apprentissage d’une vie entière. Ce livre raconte à quel point il est important de savoir dire non, pour être soi et personne d’autre.

Le contrôle coercitif

Andreea Gruev-Vintila

Genre : Essai

Deuxième édition complétée et actualisée sur le contrôle coercitif : concept central d’une approche globale des violences conjugales et des violences intrafamiliales comme atteinte aux droits humains. Il est le répertoire des comportements oppressifs basés sur le privilège donné par le sexe.

Comment les agresseurs familiaux attaquent-ils, avant et après la séparation, les droits, la liberté, la santé des victimes ? Pourquoi les effets du contrôle coercitif sont-ils durablement dévastateurs ? Comment appréhender ce précurseur majeur de la quasi-totalité des féminicides qui est aussi le contexte prévalent des violences envers les enfants ? Un livre indispensable pour comprendre et travailler avec pertinence dans la protection des enfants victimes de violences intrafamiliales.

Protéger son enfant des violences sexuelles

Joanna Smith

Genre : Essai

Livre incontournable pour les parents. Il nous apprend les bons outils pour protéger nos enfants des violences et particulièrement des violences sexuelles. Que ce soit dans l’éducation positive, dans le respect du corps (pas d’obligation au bisou !), la complicité que l’on doit entretenir avec nos enfants pour éviter les secrets malaisants, dans le repérage des comportements à risque des personnes mal intentionnées. Connaître et repérer les stratégies des agresseurs est un bon moyen pour les repousser ! Toujours également avoir en tête le « Nommer-Recadrer », très utile dans toutes les situations gênantes. En revanche, l’auteur ne parle pas des difficultés de protéger son enfant s’il a été agressé par l’autre parent.


Vous pouvez retrouver d’autres conseils de lecture sur notre site :

Maltraitance : les 10 livres qui ont aidé Plume, ancienne enfant victime

9 livres pour mieux comprendre les mécanismes des violences intrafamiliales

LE PRIX DE LA PROTECTION Ce que raconte le documentaire de Fanny Lesbros « Le combat des mères protectrices »

LE PRIX DE LA PROTECTION Ce que raconte le documentaire de Fanny Lesbros « Le combat des mères protectrices »

Fanny Lesbros est une journaliste, reporter d’images et réalisatrice de documentaires.

Fanny Lesbros vient d’utiliser à nouveau ses compétences en journalisme de terrain pour réaliser un document essentiel intitulé Le Combat des mères protectrices”.

Fanny Lesbros y choisit de documenter très sérieusement un sujet très peu traité : la situation des mères qui alertent sur des violences sexuelles incestueuses et qui se retrouvent elles-mêmes confrontées à des procédures judiciaires, à la perte de leurs enfants ou à des poursuites pour non-représentation d’enfant.

Le documentaire suit principalement trois femmes :

  • Adelaïde, qui ne peut plus voir sa fille que dans un espace de rencontre médiatisé après avoir porté plainte contre le père.
  • Sophie, qui n’a plus qu’un appel téléphonique hebdomadaire avec ses quatre enfants.
  • Caroline, qui, après des années de procédures, est finalement parvenue à protéger son enfant.

Le documentaire de Fanny Lesbros met en lumière les mécanismes que connaissent bien les associations de protection de l’enfant comme la nôtre, lorsqu’une mère révèle des violences sexuelles présumées.

Il ne s’intéresse pas tant aux violences sexuelles, mais surtout au traitement judiciaire et institutionnel des alertes. Il aborde un angle encore peu traité à la télévision : le coût de la protection, et ses successions de pertes très concrètes que subissent les mères qui choisissent de croire leur enfant et d’agir.

Les aléas et les coûts de la protection

Ils sont protéiformes :

  • L’aléas le plus paradoxal : vouloir protéger son enfant peut conduire à le perdre…
  • L’aléas judiciaire : porter plainte ne garantit pas que la procédure aboutira à la protection de l’enfant.

Quant aux coûts, ils sont immenses :

  • Le coût économique (frais médicaux, frais d’expertise, frais judiciaires dont les frais d’avocat, astreintes financières voire dommages et intérêts, frais de garde, perte de revenus, frais de déménagement…)
  • Le coût professionnel (absentéisme, besoin d’aménagements horaires, perte de confiance et d’efficacité, dégradation des rapports hiérarchiques, perte d’emploi…)
  • Le coût familial (séparation conjugale, gestion du temps de l’enfant, suspicion voire accusation de manipulation, rupture des relations, perte de soutien…)
  • Le coût social (stigmatisation, perte du réseau amical, isolement, repli sur soi…)
  • Le coût institutionnel (longueur et complexité des procédures, répétition des expertises et interrogatoires face à des intervenants multiples, sentiment de révolte face à certaines accusations, injonctions paradoxales, anxiété consécutive aux décisions défavorables et à leurs conséquences pour l’enfant…)
  • Le coût médical (fatigue, hypervigilance, troubles du sommeil, irritabilité, somatisation, dépression…)
  • Le coût psychologique (désarroi face au sentiment de culpabilité et d’impuissance, stress, traumatismes, résistance à l’emprise et au contrôle coercitif du parent agresseur, devoir de soutien permanent de l’enfant en toutes circonstances …)

Fanny Lesbros ne cherche pas à faire un documentaire à “charge » contre une institution en particulier. Elle met plutôt en lumière les conséquences humaines des dysfonctionnements de la justice, ceux que dénoncent les personnes qu’elle filme.

Le documentaire « Le combat des mères protectrices » de Fanny Lesbros est disponible à la demande sur M6+ TEVA


Vous pouvez retrouver beaucoup de témoignages de mères protectrices sur notre site, ils corroborent tous le documentaire de Fanny Lesbros :

Témoignage de Farah, mère protectrice qui ne peut plus voir sa fille

Témoignage de Corinne, mère de 5 enfants, victime de violences conjugales, parentales et institutionnelles

Ils l’ont torturée. Elle a survécu. Aujourd’hui, Joy témoigne.

Témoignage de Laura : « J’ai porté plainte, il a souri ». L’impunité des prédateurs en 2025

Des violences coercitives aux violences institutionnelles, Liza témoigne

Mariette, mère en lutte pour sauver sa fille d’un père incestueux

[Témoignage Vidéo] Dysfonctionnements judiciaires. Pour avoir tenté de protéger sa fille victime d’inceste, May a perdu la garde de son enfant.

[Témoignage Vidéo] Julie nous parle des dysfonctionnements rencontrés dans le combat pour protéger son enfant victime d’inceste

Témoignage de Tamara, maman en fuite depuis 5 ans pour protéger sa fille victime d’inceste

Témoignage de Julie, mère protectrice à qui on a retiré la garde de sa fille

Sophie, mère protectrice privée de ses enfants

Témoignage d’Anne dont la fille est victime de violences intrafamiliales et d’inceste

Témoignage d’Heidi qui risque la prison pour protéger sa fille de son père incestueux

Je veux protéger mon garçon de son père violent et la Justice m’empêche

du viol et des agressions sexuelles qu’il a subis par son géniteur

Cynthia, victime de violences intrafamiliales, mère protectrice d’un enfant actuellement placé

Inceste, l’impossible combat de Virginie

Témoignage de Lise, qui a perdu la garde de ses enfants au profit de son mari violent et très influent

Témoignage de Tamara, maman en cavale depuis 3 ans et demi pour protéger sa fille victime d’inceste

Pour protéger ses filles, victimes d’inceste paternel, Léonie refuse qu’elles retournent chez leur père. Elle risque la prison.

Voici l’histoire d’Adèle, mère en lutte…

Lise, victime de violences conjugales, témoigne de sa difficulté à obtenir justice face à l’influence de son mari

Témoignage de Julie – Inceste

Témoignage de Khatidja : violences conjugales et familiales

L’exception culturelle française face à la pédocriminalité

L’exception culturelle française face à la pédocriminalité

Les belles lettres, la musique, la haute couture, la photographie… Plus qu’ailleurs, la France a produit des œuvres accusées de banaliser ou d’esthétiser la sexualisation des mineurs. Cette indulgence n’aurait-elle pas contribué à retarder la reconnaissance sociale et juridique de la pédocriminalité ?

Gabriel Mazneff, Alain Robbe-Grillet, Tony Duvert, Serge Gainsbourg, David Hamilton, Yves Saint Laurent… Tous ces « grands » artistes, souvent considérés comme des maîtres absolus dans leur art, ont été mis en cause pour des œuvres liées à la pédocriminalité.

La littérature


En 1990, sur le plateau d’Apostrophe, la romancière québécoise Denise Bombardier s’étonne que l’écrivain Gabriel Maztneff qui décrit dans le détail ses passions pédocriminelles ne soit pas immédiatement mis au banc des cercles littéraires et de la société françaises. Dans l’atmosphère hilare du plateau de Bernard Pivot, l’écrivaine québécoise s’insurge courageusement contre Matzneff : « Je ne comprends pas que dans ce pays, la littérature serve d’alibi à ce genre de confidences […]. M. Mazneff nous raconte qu’il sodomise des petites filles de 14 ans, 15 ans ». Prix Renaudot, deux prix de l’Académie française, peu importe l’ignominie de ses écrits, Matzneff est à l’époque encensé par la critique française.
Matzneff n’est pas le seul écrivain accusé de faire l’apologie de la pédocriminalité dont l’œuvre a été célébrée au pays des belles lettres. Surnommé « le pape du Nouveau Roman français », l’écrivain Alain Robbe-Grillet ne faisait pas mystère de son goût pour les petites filles et les adolescentes[1] ». Il est pourtant élu à l’Académie française. Dans un article de l’Express paru en 2007, un journaliste décrit son dernier roman « Un roman sentimental » : « C’est un conte de fée pour adultes insoutenable qui enchaine de manière crue et décomplexée les scènes de pédophilie sadomasochistes, d’innombrables sévices sexuels sur mineurs avec un ton chic et badin… un étalage de perversité extrême allant jusqu’à la description sans état d’âme de morts d’enfants après des viols [2]». Moins connu, mais néanmoins publié par Juliard, Tony Duvert se définit lui-même comme « écrivain pédophile ». En 1973, il obtient le prix Médicis pour Paysage de fantaisie, roman qui se passe dans une maison de campagne où des enfants sont dressés à la prostitution.  Roland Barthes le défend même pour le prix Médicis.


La chanson


Dans son clip Lemon Incest, interprété en 1983, Serge Gainsbourg est étendu sur un grand lit, penché sur sa fille de 12 ans, Charlotte, allongée à ses côtés, en chemise et culotte, susurre : « L’amour que nous ne ferons jamais ensemble est le plus beau, le plus pur, le plus violent, le plus enivrant ». Non content du scandale provoqué par Lemon Incest, Gainsbourg récidive en 1986 avec Charlotte forever, qu’il interprète avec Charlotte, alors âgé de 15 ans. L’atmosphère romantico-érotique y est encore plus insalubre. La voix de Charlotte s’étrangle : « Papa, j’ai peur de goûter ta saveur… ». Nouveau haut-le-cœur à la remise du César du meilleur espoir féminin en 1986, attribué à Charlotte Gainsbourg qui se lève pour aller récupérer son César, mais son père l’intercepte et l’embrasse à pleine bouche, elle proteste, se libère de son étreinte, mais il l’embrasse de nouveau. Tout est manifeste, « exhibé » même[3]. Tout est manifeste, exhibé, mais le déni collectif opère comme un charme.


La haute-couture


En 2002, le « prince de la mode », Yves Saint Laurent, publie la Vilaine Lulu publié aux Editions Tchou puis en 2010 aux Editions de La Martinière. La Vilaine Lulu met en scène une petite fille dans des situations de transgression sexuelle, d’exhibition et de provocation érotique revendiquée comme une « satire noire ». Lorsqu’un journaliste d’Arte qui présente sur un ton léger une animation de la BD de YSL dans les années 80 lui demande « Il n’y a rien que le vilaine Lulu fait que tu désapprouves ? », il répond « Non, absolument pas, je suis tout à fait d’accord avec elle. »


La photographie


Installé en France dès les années 1950, David Hamilton se fait connaître par ses photos qui mettent principalement en scène de très jeunes adolescentes dénudées dans des poses érotiques. Dans les années 70 et 80, son travail est très largement diffusé. Loin d’y voir une esthétisation de la sexualisation des mineurs, comme ce fut le cas au Royaume-Uni, la France le porte aux nues. Rêves de jeunes filles, qui présente des filles dénudées de 12 à 16 ans, se vend à 100 000 exemplaires dans le monde. Le texte de son livre, pour le moins ambigu, est écrit par Alain Robbe-Grillet. Accusé de viols par Flavie Flament et d’autres femmes, Hamilton se suicide en 2016 sans avoir été jugé.


La réprobation du monde anglo-saxon


Si en France, le génie d’un artiste semblait à cette époque empêcher de penser l’enfant comme un sujet vulnérable, les médias britanniques et américains qualifient explicitement ces comportements d’abus sexuels sur enfants.  De fait, Matzneff et Duvert sont des auteurs confidentiels dans les pays anglo-saxons. Les films Charlotte Forever et Lemon Incest sont très peu diffusés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui considèrent qu’il franchit une limite éthique importante. Au Royaume-Uni, certaines des publications de Hamilton sont saisies ou interdites. Il faudra attendre la publication en 2020 du Consentement de Vanessa Springora pour que la parole des victimes occupe enfin une place centrale dans le débat public.


Légitimisation symbolique


Comment ne pas imaginer que lorsque des personnalités « sacralisées » présentent une certaine vision du monde ou certains comportements comme acceptables, romantiques ou même souhaitables, cela ne créé pas une normalisation culturelle qui tend à influencer les perceptions et à en modifier les normes ?  Une légitimisation symbolique qui empêche de penser les conséquences traumatiques des violences sexuelles contre les enfants. D’où peut-être les pétitions demandant une réforme du droit pénal concernant les relations sexuelles entre adultes et mineurs signées par certains des plus grands intellectuels français entre 1977 et 1979.
Faut-il faire le lien avec les législations tardives en matière de pédocriminalité ? Ce n’est qu’en 2021 que la France a reconnu qu’un enfant de moins de 15 ans ne pouvait, en principe, consentir à une relation sexuelle avec un adulte, plus tardivement que plusieurs pays européens. En 2021, la loi a également consacré le principe selon lequel un mineur ne peut être considéré comme consentant à un acte sexuel commis par un ascendant. Là encore, de nombreux pays avaient déjà des dispositions spécifiques.
Comment nier que, pendant plusieurs décennies, le prestige artistique a contribué à reléguer au second plan la parole des enfants ? Lorsqu’une société admire ceux qui transgressent les interdits les plus fondamentaux, elle rend plus difficile l’écoute de ceux qui en subissent les conséquences. Peut-être cela explique-t-il également aujourd’hui les résistances des juges aux affaires familiales à protéger les enfants qui ont dénoncé les violences sexuelles commises contre eux par des adultes, a fortiori leurs pères ?

Caroline Bréhat
Psychothérapeute, autrice

[1] https://www.lorientlejour.com/article/352695/Robbe-Grillet_et_les_adolescentes_puberes.html
[2] https://archive.wikiwix.com/cache/?url=https%3A%2F%2Fwww.lexpress.fr%2Fculture%2Flivre%2Fun-roman-sentimental_813054.html
[3] Ce long extrait est repris de mon article paru dans l’Huma en 2002 https://www.carolinebrehat.com/gainsbourg-lemon-incest-et-lincestuel/

Cet article a également été publié dans l’Humanité le 24 juillet 2024


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Imprescriptibilité aux crimes commis sur des mineurs

Imprescriptibilité aux crimes commis sur des mineurs

Une avancée majeure votée le 16 juillet et confirmée par le vote solennel du 21 juillet : l’Assemblée nationale a adopté l’imprescriptibilité aux crimes commis sur des mineurs.

Aujourd’hui, une victime de viol subi dans l’enfance ne peut porter plainte que jusqu’à ses 48 ans.

Cette limite ignore une réalité bien documentée : l’amnésie traumatique peut retarder de plusieurs décennies la capacité d’une victime à parler et à se reconnaître comme telle.

Avec l’imprescriptibilité, ce délai disparaît : la parole d’une victime ne sera plus jamais forclose par le temps.

Nous saluons ce vote transpartisan ainsi que le travail du député Arnaud Bonnet, à l’origine de cet amendement sur l’imprescriptibilité, ainsi que le soutien du gouvernement, qui s’est engagé à sécuriser juridiquement cette mesure face au risque d’inconstitutionnalité qui pèse encore sur elle.

Le texte poursuit désormais son parcours parlementaire. il faut bien souligner que le texte devra ensuite passer au Sénat – ce n’est donc qu’une première lecture, pas une adoption définitive !

Nous resterons mobilisés pour que cette avancée essentielle puisse devenir une réalité durable pour toutes les victimes.

Il ne devrait pas exister de date de péremption pour les violences subies par un enfant.

Le temps ne doit plus empêcher une victime de demander justice.


Vous trouverez l’ensemble de nos articles sur les textes législatifs ici, notamment :

Droits de visite et d’hébergement : la sécurité de l’enfant doit toujours primer

Droits de visite et d'hébergement

L’Assemblée nationale a renforcé les dispositions relatives aux droits de visite et d’hébergement lorsque des violences intrafamiliales ou sexuelles sont suspectées.

Pendant trop longtemps, des enfants ont continué à être contraints de rencontrer un parent mis en cause, alors même que des procédures étaient en cours.

Le texte adopté affirme un principe essentiel : lorsque la sécurité d’un enfant est en jeu, les modalités d’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite doivent pouvoir être adaptées rapidement pour assurer sa protection. En cas de suspicion de violences sexuelles incestueuses ou de violences intrafamiliales, la parole de l’enfant doit être correctement recueillie et prise en compte, et le juge doit spécialement motiver sa décision.

Ces évolutions traduisent une conviction que nous défendons depuis longtemps : protéger un enfant ne consiste pas seulement à l’éloigner d’un danger, mais aussi à empêcher que ce danger puisse continuer à s’imposer à lui.

Nous saluons ces dispositions importantes, attendues par de nombreuses familles et associations, qui renforcent la capacité des magistrats à agir rapidement dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Merci aux parlementaires qui ont porté ce sujet, et en particulier à Maud Petit dont les amendements ont été adoptés, mais aussi à Philippe Fait et Virginie Duby-Muller pour leur travail sur ce sujet.

Il faut bien souligner que le texte devra ensuite passer au Sénat – ce n’est donc qu’une première lecture, pas une adoption définitive !

Nous resterons attentifs à la rédaction définitive du texte et à son application concrète, afin que ces nouvelles dispositions permettent une protection effective des enfants dans toutes les situations de danger.

L’intérêt supérieur de l’enfant ne peut jamais être relégué au second plan.

Les droits de visite et d’hébergements sont un enjeu majeur dans la protection des enfants, y compris les droits de visite médiatisés qui sont une fausse bonne idée lorsqu’il y a eu violence.


Vous trouverez l’ensemble de nos articles sur les textes législatifs ici, notamment :

Délit de non représentation d’enfant : un pas important pour les parents protecteurs

Délit de non représentation d’enfant

Depuis des années, nous alertons sur une injustice : des parents (le plus souvent des mères) sont poursuivis pour non représentation d’enfant alors même qu’ils cherchent à protéger leur enfant de violences.

Ce délit, conçu pour sanctionner les refus abusifs, est trop souvent devenu une arme entre les mains du parent mis en cause.

Le texte adopté aujourd’hui à l’assemblée nationale apporte une réponse concrète : désormais, un parent ne pourra plus être poursuivi pour non représentation d’enfant entre le dépôt d’une demande d’ordonnance de sûreté et la notification de la décision du juge.

Ce texte permet de mieux protéger les parents qui agissent dans l’intérêt de leur enfant, et nous l’accueillons avec beaucoup d’espoir.

Merci aux parlementaires qui ont porté ce sujet, et en particulier à Philippe Fait, Virginie Duby-Muller et Maud Petit pour leur engagement constant sur ce thème.

Il faut bien souligner que le texte devra ensuite passer au Sénat – ce n’est donc qu’une première lecture, pas une adoption définitive !

Nous poursuivrons notre mobilisation afin qu’aucun parent protecteur ne soit contraint de choisir entre protéger son enfant et risquer des poursuites pénales.


Pour en savoir plus sur le projet de loi adopté par l’assemblée nationale, vos pouvez lire nos articles :


Pour en savoir plus sur le délit de non représentation d’enfant, vous pouvez lire nos articles :