Protéger une mère ne revient pas à oublier son enfant.
Ecouter une femme n’est PAS incompatible avec la recherche de l’intérêt supérieur de l’enfant. Au contraire.
L’histoire raconte très bien que les droits des mères et les droits des enfants avancent ensemble !

Pendant des siècles, les femmes et les enfants ont occupé une place comparable dans le droit : celle de personnes placées sous l’autorité d’un homme. Le père ou le mari détenait la puissance juridique, économique et sociale.
Puis les droits des femmes ont progressé.
- Le droit de travailler.
- Le droit de disposer de leurs revenus.
- Le droit de divorcer.
- Le droit de refuser les violences.
- Le droit d’être reconnues comme des sujets de droit à part entière.
Systématiquement, ces avancées ont permis une meilleure protection des enfants.

Car une mère qui possède des ressources peut quitter un conjoint violent.
Une mère que la justice écoute peut signaler les violences faites à son enfant.
Une mère qui bénéficie d’une protection peut, à son tour, protéger.
Ce n’est pas un hasard si les grandes avancées de la protection de l’enfance ont accompagné la reconnaissance progressive des violences conjugales, des violences sexuelles et du contrôle coercitif.
À l’inverse, chaque fois que la parole des femmes est discréditée, ce sont aussi les enfants qui deviennent plus difficiles à protéger.

Lorsqu’une mère est soupçonnée d’exagérer les violences, lorsqu’on lui demande de continuer à co-parenter malgré des violences, lorsqu’on considère
qu’elle doit maintenir coûte que coûte le lien avec un père violent, ce n’est pas seulement sa sécurité qui est mise en danger, c’est aussi celle de son enfant.

Dans la très grande majorité des situations de violences intrafamiliales, le parent qui tente d’alerter, de protéger, de consulter un médecin, un psychologue, un enseignant ou un juge est la mère.
Non parce que les femmes seraient naturellement plus protectrices, mais parce que notre organisation sociale fait encore reposer très largement sur elles la charge quotidienne des enfants, de leur santé, de leur sécurité et de leur éducation.
Affaiblir la mère affaiblit mécaniquement la protection de ses enfants.
Un homme qui exerce un contrôle coercitif sur sa compagne ne change pas soudainement de rapport au pouvoir lorsqu’il devient père. Les enfants grandissent dans ce système de domination, en sont témoins, victimes directes ou utilisés comme instruments de contrôle (violences vicariantes, instrumentalisation de la résidence, menaces, etc.). Dès lors, il devient artificiel de vouloir protéger l’enfant sans protéger le parent qui tente de le soustraire à cette violence.

Les violences faites aux femmes et aux enfants ne sont pas deux phénomènes qui coexistent mais les deux expressions d’un MÊME système de domination.
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