Pourquoi certaines femmes tombent-t-elles sans cesse sous l’emprise d’hommes toxiques ?

Pourquoi certaines femmes tombent-t-elles sans cesse sous l’emprise d’hommes toxiques ?

Pourquoi certaines femmes tombent-t-elles sans cesse sous l'emprise d'hommes toxiques ?

Par Caroline BREHAT, autrice, psychothérapeute et psychanalyste

Vignette clinique

Jennifer a 26 ans. Petite fille, elle a subi des violences incestueuses de la part de son père avec qui elle a coupé les ponts pendant plusieurs années, puis a 20 ans, elle a décidé de reprendre contact avec lui. En tout, Jennifer a rencontré 5 hommes toxiques qui l’ont tous mis sous emprise. Chacun de ces hommes a en fait réactivé son attachement traumatique avec son père.

Le travail thérapeutique nous permet de comprendre en effet que derrière chaque homme empriseur se cache le lien d’attachement traumatique avec son père.

Jennifer souffre d’un traumatisme développemental précoce à une période où ses modèles d’attachement et de sécurité étaient en pleine construction.


Elle souffre donc d’un attachement très insecure, d’un lien d’attachement traumatique (« trauma bond ») et d’un besoin de réparation.

Jennifer doit comprendre ce qui se joue ou se rejoue en termes de répétition relationnelle. En psychanalyse, on parle de compulsion de répétition ; dans les approches cognitivo-comportementales et neuroscientifiques, on évoque davantage des schémas relationnels internalisés, des modèles d’attachement et des mécanismes neurobiologiques du traumatisme (le « renforcement intermittent »).


Tant que le lien d’attachement traumatique et les représentations relationnelles qui en découlent ne sont pas suffisamment élaborés, il existe un risque REEL que Jennifer soit toujours attirée ou vulnérable à des partenaires reproduisant des dynamiques d’emprise similaires à son père.

Le travail thérapeutique doit dès lors viser à :


1) élaborer les traumatismes et leurs conséquences ;
2) différencier amour, attachement, peur, culpabilité et emprise/subjugation ;
3) accroître les capacités de Jennifer à reconnaître les signes précoces de contrôle et de manipulation ;
4) développer un sentiment de sécurité interne et une estime de soi plus stable ;
5) comprendre ce qui la maintient dans le lien d’attachement traumatique avec son père.


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