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Les blessures d’attachement : Brigitte Bardot, une vie à distance des sentiments

Brigitte Bardot

Par Caroline Bréhat, psychothérapeute, psychanalyste et autrice

N’est-il pas ironique que la femme la plus admirée du monde était rongée par un grave désamour de soi ? Une blessure d’attachement qui pourrait expliquer ses liaisons éphémères avec les hommes, l’abandon de son fils, sa passion dévorante pour les animaux. Jusqu’à ce statut d’objet sexuel qu’elle a par la suite tant dédaigné.


Le regard désaimant d’une mère narcissique


Petite, Brigitte Bardot était considérée par sa mère, Anne-Marie Mucel, comme une enfant au « physique ingrat » par rapport à sa sœur Mijanou, la préférée de ses parents. Enfant et adolescente, Brigitte ne trouve jamais grâce auprès de sa mère violente et hyper contrôlante.

Sa mère, figure d’attachement effrayante, n’hésite pas à gifler sa fille « lorsque son corps s’affaisse ». Enlaidie par un appareil dentaire et des lunettes, Brigitte est amblyope : son œil gauche est aveugle, en raison d’une mauvaise connexion avec son cerveau. La jeune Brigitte intériorise le regard dévalorisant de sa mère et fait une tentative de suicide à 15 ans : « Quand j’étais petite, je ne me sentais pas très belle, j’étais renfermée sur moi-même. Mijanou, ma sœur, était plus jolie que moi. Je n’étais pas bonne élève et mes parents n’étaient pas très fiers de moi. »


Mais qui est donc cette mère qui n’hésite pas à la frapper à coups de cravache ?

Actrice et danseuse contrariée « qui ne s’aime que lorsqu’elle est regardée », Anne-Marie Mucel, issue comme son mari de la haute bourgeoisie catholique, tente de faire de sa fille une sorte de disciple : « J’ai été élevée par des parents de droite, d’une bourgeoisie austère, qui m’ont donné une éducation assez stricte. J’ai connu la cravache… J’allais dans une école catholique, j’étais surveillée avec une gouvernante. Je ne sortais jamais dans la rue toute seule. J’ai été très tenue jusqu’à l’âge de 15 ans », explique Brigitte Bardot dans ses mémoires publiés en 1996, Initiales BB.


Si Brigitte rêve d’intégrer l’Opéra de Paris et de devenir une étoile, c’est pour briller un peu dans les yeux de cette mère mal-aimante.

Mais rien à faire, même lorsque Brigitte fait la couverture du magazine Elle en 1950, dont le numéro spécial est dédié à la relation parents-enfant, où elle apparaît debout derrière sa mère, la légende entourant la future actrice la condamne : « Les jeunes filles sont-elles détestables ? Les jeunes mères sont-elles irréprochables ? ».

Seul son grand-père maternel, Léon Mucel, la soutient dans son projet d’actrice, mais c’est en des termes particulièrement méprisables qu’il parle de sa petite fille, la ramenant à un statut d’objet sexuel : « Si cette petite doit un jour être une putain, elle le sera avec ou sans le cinéma. Si elle ne doit jamais être une putain, ce n’est pas le cinéma qui pourra la changer ! Laissons-lui sa chance. ». Comment s’aimer lorsqu’une famille toute entière vous méprise autant ?

De ce désamour de soi naîtra un attachement insécure évitant qui expliquera son comportement avec les hommes.


De l’attachement insécure évitant à l’autodestruction



Les neuroscientifiques parlent de modèle interne opérant pour décrire le style d’attachement qu’un parent transmet à son enfant. Un enfant rejeté qui ne bénéficie d’aucun contact physique aura tendance à se blinder et à taire ses émotions pour se protéger. Pour s’adapter à cette adversité, il mettra souvent en place un attachement évitant et manifestera une indépendance excessive qui l’empêchera d’établir des liens profonds avec les autres. Cet enfant en arrive à se détester et peut considérer les autres – les hommes, pour Brigitte Bardot – comme intrusifs à l’image de son parent maltraitant. Fiables uniquement lorsqu’ils sont tenus à distance.

Brigitte Bardot croque les hommes, les maltraite puis les jette. Dix-sept hommes, 4 mariages, de multiples infidélités, liaisons extra-conjugales éphémères, Brigitte Bardot montre une indépendance excessive : « Je suis infidèle. J’ai beaucoup d’amants, non par perversité, mais par tendresse, » confie-t-elle. Ou bien « l’amour, ça ne dure que trois mois ! ». Elle se marie avec Gunther Sachs mais refuse de partager son appartement.  Cette indépendance, elle la chante d’ailleurs dans la chanson écrite par Serge Gainsbourg : « Je n’ai besoin de personne… » L’actrice semble préférer la quantité à la qualité, c’est-à-dire à l’engagement émotionnel. De fait, même au fait de sa gloire, lorsqu’elle incarne dans « Et Dieu créa la femme », l’idéal féminin fantasmé de l’époque, Brigitte ne se trouve toujours pas belle.

Ce n’est pas tant de sa plastique dont il est question, mais plutôt du peu de valeur qu’elle s’accorde réellement. Et les pensées morbides ne sont jamais très loin : « À des périodes de ma vie, pour échapper à ce tourbillon insensé, j’avais même un tube de somnifères constamment à portée de main. » Le 28 septembre 1960, le jour de ses 26 ans, Brigitte Bardot fait une deuxième tentative de suicide qui laisse le monde éberlué.

Mais c’est peut-être sa relation avec son enfant, Nicolas, issu de son union avec Jacques Charrier, qui symbolise le mieux cet attachement évitant : « Je n’ai jamais eu d’instinct maternel », déclare Brigitte Bardot, Dans ses mémoires, elle évoque son accouchement en des termes terribles : « C’était un peu comme une tumeur qui s’était nourrie de moi, que j’avais portée dans ma chair tuméfiée, n’attendant que le moment béni où on m’en débarrasserait enfin… Le cauchemar, arrivé à son paroxysme, il fallait que j’assume à vie l’objet de mon malheur. (…) Impossible, je préférais mourir » … Avant d’ajouter, incongrue, dans une autre interview : « J’aurais préféré accoucher d’un petit chien ». Et de fait, Brigitte Bardot semble trouver épanouissement et équilibre uniquement auprès de ses animaux à la Madrague. Logique, avec un animal, l’amour ne fait pas mal, l’engagement émotionnel ne fait craindre aucun risque d’abandon ni de rejet. Nombreux sont les attachements évitants qui trouvent plus rassurant de se lier à des animaux qu’à des humains.

Brigitte Bardot a fait deux tentatives de suicide. Elle a abandonné une carrière prometteuse de danseuse à 18 ans et une carrière d’actrice à 38 ans là où d’autres sont encore dans la fleur de l’âge.

Elle a multiplié les liaisons et relations sentimentales, confié son enfant à son mari et fait des déclarations infâmantes dans le cadre de son militantisme en faveur des animaux. Celle qui avait été surveillée par sa mère et sa gouvernante, puis épiée par les paparazzis et emprisonnée dans un rôle de femme-objet a joué des rôles de femme libre. Mais elle a été contrainte de fuir des situations qui impliquaient une proximité émotionnelle de crainte de réactiver les blessures de son enfance. Brigitte Bardot était tout sauf une femme libre et sa vie incarne parfaitement les dérives autodestructrices d’un attachement insécure évitant.

Article de Caroline Bréhat, psychothérapeute, psychanalyste et autrice. Article reproduit avec son aimable autorisation.

Source : L’Humanité https://share.google/udTIVJtGoWhGLWjG3


Vous pouvez trouver d’autres articles de Caroline Bréhat ci-dessous ::https://www.protegerlenfant.fr/2021/10/17/syndrome-alienation-parentale-2/

Nos vœux pour 2026 : qu’on vous croit et plus encore !

on vous croit

La question des vœux

Chaque mois de janvier revient la même injonction, la même rêverie, le même espoir : souhaiter le meilleur aux humains qui nous entourent.

Mais quels vœux envoie-t-on à celles et ceux qui ont subi des violences intrafamiliales ?
Que peut-on souhaiter à des victimes, quand on sait ce qu’elles ont traversé, tout ce qu’elles endurent encore et ce que la société continue de leur imposer ?

Nous croyons que le premier vœu à formuler est simple, fondamental, et pourtant encore trop rarement exaucé : dire aux victimes « on vous croit ».

Être cru·e. Sans condition. Sans soupçon. Sans mise à l’épreuve.
Être cru·e quand on parle. Quand on dénonce. Quand on alerte.
Être cru·e par la Justice, par les institutions, par les professionnel·les, par l’entourage, par la société toute entière.

Il est important de prononcer ces mots « je te crois »….

Mais croire ne suffit pas.

Une fois la parole reconnue, il faut une prise en charge à 360 degrés.
Une protection réelle.
Un traitement juridique sérieux, rapide, cohérent.
Un accompagnement psychologique à la hauteur des traumatismes subis.
Une attention portée aux enfants, aux parents protecteurs, aux liens brisés, aux corps ET aux esprits abîmés, aux vies mises entre parenthèses.

Il faut aussi cesser d’invisibiliser les violences.
Cesser de minimiser.
Cesser de déplacer la responsabilité.
Et surtout : nommer les agresseurs, les incriminer en premier, plutôt que de continuer à scruter, juger, soupçonner celles et ceux qui survivent.

Car une société qui maltraite les victimes de violences intrafamiliales est une société malade.

Ce qui se joue derrière les portes closes, ce que l’on subit dans l’intimité des foyers façonne le lien social, la confiance collective, la manière dont on traite l’humain partout ailleurs.

Lutter contre les violences intrafamiliales, protéger les victimes, réparer les traumatismes, ce n’est pas un combat marginal.
C’est un projet de société, un enjeu de santé publique.
C’est une condition indispensable pour construire un monde plus juste, plus sain, plus humain.

Alors pour cette nouvelle année, nos vœux sont clairs : que les victimes soient crues, protégées, accompagnées, respectées.
Et que la société fasse enfin le choix de se soigner et réparer, en cessant de détourner le regard.

Nous serons là, encore et toujours, pour porter cette exigence.

on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit, on vous croit !


Si vous cherchez des ressources sur les violences intra-familiales, tous nos articles se trouvent ici.

Et voici d’autres ressources :

LIVRES POUR ADULTES

APERS Sandrine – Signaux d’alerte et phrases assassines – Les violences sexuelles sur les mineurs

AUBRY Isabelle et LOPEZ Gérard – L’inceste, 38 questions-réponses incontournables

BENOIT Laelia – Infantisme

BON Adélaïde, ROUDAUT Sandrine et ROUSSEAU Sandrine – Par-delà l’androcène et

La Petite fille sur la banquise

BONNET Catherine – L’enfant cassé, l’inceste et la pédophilie

BONNET Catherine et DURAND Edouard – Faut-il retirer l’autorité parentale aux auteurs de violences conjugales ?

BRÉHAT Caroline – Rester parent avec un ex toxique, – Échapper au piège de l’escalade et protéger son enfant et – Mauvais père

CEE Cécile – Ce que Cécile sait – Journal de sortie d’inceste

CERRADA Christine – Placements abusifs d’enfants – Une Justice sous influences

CHAUVEAU Sophie – La Fabrique des pervers

CRÉPON Marc – Le Consentement meurtrier

DE HAAS Caroline – En finir avec les violences sexistes et sexuelles – Manuel d’action

DELAUNAY Delphine – Après l’abîme… Le pouvoir de la mémoire traumatique

DURAND Edouard – 160000 enfants – Violences sexuelles et déni social

Défendre les enfants

DUSSY Dorothée – Le Berceau des dominations : anthropologie de l’inceste

FRAISSE Nora – Stop au harcèlement – Le guide pour combattre les violences à l’école et sur les réseaux sociaux

GALLAIS Arnaud – J’étais un enfant

GRUEV-VINTILA Andreea – Le Contrôle coercitif, au coeur de la violence conjugale

HALIMI Gisèle – La Cause des femmes

HOOKS Bell – La Volonté de changer – Les hommes, la masculinité et l’amour

JEAN Patric – La Loi des pères

JOLY Marc – La Perversion narcissique – Etude sociologique

JOLY- COZ Gwenola – “Elle l’a bien cherché” : la Justice et la lutte contre les violences faites aux femmes

KOUCHNER Camille – La Familia grande

LAMY Rose – Préparez-vous pour la bagarre – En bons pères de famille

LECOQ Titiou – Les Grandes oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes

LEPORT Edouard – Les papas en danger ? Des pères à l’assaut des droits des femmes

LEVY-SOUSSAN Pierre – L’enfant devant la violence parentale : emprise et dé-filiation

MILLER Alice – La Connaissance interdite – Affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie

MORO Marie Rose et AMBLARD Odile – Abus sexuel, la parole est aux enfants

NGOZI ADICHIE Chimamanda – Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe

NOUVEL Jean-Louis – Les besoins de l’enfant en Protection de l’Enfance

PALAIN Mathieu – Nos pères, nos frères, nos amis – Dans la tête des hommes violents

PIQUES Céline – Déviriliser le monde – Demain sera féministe ou ne sera pas

PIQUET Emmanuelle – Te laisse pas faire ! Aider son enfant face au harcèlement à l’école

PUDLOWSKI Charlotte – Ou peut-être une nuit. Inceste : la guerre du silence

Sous la direction de SADLIER Karen – L’enfant face à la violence dans le couple

SALMONA Muriel – Le Livre noir des violences sexuelles

SINNO Neige – Triste tigre

SMITH Joanna – Protéger son enfant des violences sexuelles

SPRINGORA Vanessa – Le Consentement

VAN DER KOLK Bessel – Le Corps n’oublie rien – Le cerveau, l’esprit, le corps dans la guérison du traumatisme

PODCASTS

BIENAIME Charlotte – Un podcast à soi (numéro 23, 24, 30, 34, 41, 42, 43, 44, 51)

France Culture – Esprit de Justice : Qu’est-ce que le contrôle coercitif ?

– – LSD, La Série Documentaire : les fantômes de l’hystérie – Histoire d’une parole confisquée

Être et savoir : une question chaude ! L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle

Le Cours de l’histoire – Série “Crime, tabou, péché, juger l’intime” – Episode 1/5 : Juger l’inceste, histoire d’un crime au coeur de la famille

PUDLOWSKI Charlotte – Ou peut-être une nuit

ROMANO Hélène – Parenthème, l’école des parents – Accompagner un enfant en justice : comprendre, expliquer et protéger

SMITH Joanna – Protéger son enfant des violences sexuelles

LIVRES POUR ENFANTS

ASSOCIATION UNE VIE – J’apprends à me protéger des abus sexuels (pour les 6-12 ans)

ASSOCIATION FACE A L’INCESTE – Mon cahier de prévention – Inceste et violences sexuelles (6-10 ans)

BAUDY Mathilde et DIEUMEGARDE Tiphaine – Le Petit illustré de l’intimité (en 4 tomes)

BELLIER Sophie – Une maman, ça sert à quoi ?

BESCOND Andréa et TUCKER Mathieu – Et si on se parlait ? (3 volumes : pour les 3-6 ans, les 7-10 ans et les 11 ans et plus)

BLITMAN Sophie et DABOS Jeanne – L’histoire, c’est pas sorcier – Droit des femmes, une lutte pour l’égalité

BOURDEVERRE-VEYSSIERE Soline et FRUY Chloé – Je peux te faire un bisou ?

CHAPIRON Mai Lan – Le Loup, et – C’est mon corps

CLERC Olivier et BORDICCHIA Gaia – Tu es le jardinier de ton coeur ou le secret du bonheur

COLLECTIF FEMINISTE CONTRE LE VIOL – Victimes de viols ou d’agressions sexuelles – Connaître ses droits

COLLET Margaux, REMY-LELEU Raphaelle et Diglee – Beyoncé est-elle féministe ?… et autres questions pour comprendre le féminisme

DE KINDER Jan – Rouge – Histoire racontée – Harcèlement scolaire

DESBORDES Astrid et MARTIN Pauline – Mon amour

DIERE Coralie et DEBRE CHAPUIS Marie – Une bulle dans l’océan

DOLTO Catherine, FAURE-POIREE Colline et ROBIN – Respecte mon corps

DUBOIS-ARDYNS Emilie et CARIOU-MARCEN Anaïs – Pas touche !

DUTRUC-ROSSET Florence et ROUVIERE Julie – La princesse sans bouche

FILLIOZAT Isabelle, FILLIOZAT-FRIED Margot et MAROGER Isabelle – Mon corps m’appartient ! Respect, intimité, consentement, parlons-en !

FILLIOZAT Isabelle, PERREAULT France-Marie et ZONK Zelda – Les droits de l’enfant – les cahiers Filliozat

FILLIOZAT Isabelle, RIEFOLO Violène et ROJZMAN Chantal – Stop au harcèlement ! (dès 7 ans)

JOLIBOIS Christian et LE GOFF Hervé – Quand j’habitais chez ma mère

LE MAGUET Charline – Le secret de Soro

LE MUZIC Marion et KRONSKY Maria – Basta ! Guide d’autodéfense féministe pour ados (et pas que…)

Les petits citoyens – « Et si on s’parlait de la justice » – N°25

LIMOUZIN Mélanie et RELIER Joèl – Les Bisous interdits

LOUART Carina et BOUTIN Anne-Lise – Harcèlement, comment dire stop ?

MAKYO – Manipulator, la première BD qui décrypte toutes les formes de manipulation

NGOZI ADICHIE Chimamanda – Nous sommes tous des féministes

PIQUET Emmanuelle, MARMION Jean-François et BLANDIN Camille – Manuel de survie face aux harceleurs – Et autres brutes de la cour d’école

PIQUET Emmanuelle et MANDEL Lisa – Je me défends du sexisme

ROSENSTIEHL Agnès – Faut savoir dire non !

SALMONA Muriel, FALL Sokhna et PONTI Claude – Quand on te fait du mal – Informations sur les violences et leurs conséquences

SALMONA Muriel – Informations sur les violences et leurs conséquences sur la santé – Brochure à destination des jeunes

SERRANO Lucia – Ton corps t’appartient !

VERMONT Charline – Corps, amour et sexualité : les 100 questions que vos enfants vont vous poser

WABBES Marie – Petit doux n’a pas peur

YOUNG Jessica et Rafael LOPEZ – Je te retrouverai dans tes rêves