AEMO, les failles de ce service éducatif sensé protéger les victimes de violences

les failles de l'aemo

L’Action Éducative en Milieu Ouvert (AEMO) est une mesure de Protection de l’Enfant vivant dans son milieu familial. Elle concerne les enfants mineurs et les jeunes majeurs. Chaque mesure est ordonnée par une autorité judiciaire lorsque ces derniers sont en situation d’un grave danger. Ces enfants sont alors placés sous observation des professionnels des services éducatifs, soit à domicile soit dans un lieu tiers agréé ou validé.

Comment fonctionne l’AEMO ?

Depuis 1983, les mesure d’AEMO, qu’elles soient administratives ou judiciaires, sont financées par les Départements qui fixent annuellement le prix de la journée par enfant. L’argent est ensuite versé à des associations privées qui vivent de ces subventions.

Plus elles gèrent d’enfants, plus elles reçoivent de subventions (comme dans les foyers d’accueil). Ce financement, mal accompagné, est la porte ouverte à de la maltraitance institutionnelle, qui est l’écart entre la mission de l’établissement et sa réalisation. Les AEMO ont-elles assez de temps et de personnels pour tous les dossiers acceptés ?

Les entretiens d’AEMO se déroulent le plus souvent dans le cadre de visite à domicile. Les missions des intervenants sont multiples :

  • Prévention des situations de danger ou de carences, qu’elles soient matérielles, éducatives, physiques ou psychiques.
  • Accompagnement éducatif auprès des enfants en situation de danger ou de risque de danger.
  • Soutien aux fonctions parentales. Aide au développement des capacités d’un ou des parents à reconnaitre ses fragilités et à accepter des espaces de socialisation pour son enfant.

Les visites à domicile, annoncées ou surprises, sont la base des interventions des éducateurs des structures d’AEMO. Quand le maintien des enfants au domicile représente une prise de risque trop importante, le service doit informer le juge des enfants, ce qui suppose une excellente capacité à évaluer le danger et l’urgence. Or les éducateurs interviennent un temps très court (1 h par semaine max) et souvent seuls, ce qui peut les empêcher d’avoir un regard complet et juste sur la famille.

Ce biais potentiel est d’autant plus marqué que leur parole tend à devenir la parole principale, pas ou peu remise en cause. L’hypothèse de départ sur la situation familiale n’est pas réinterrogée, elle est simplement confirmée par des éducateurs qui n’ont bien souvent pas le temps de creuser, enchainant les « dossiers ».

Si les éducateurs intervenaient à plusieurs, de nouvelles modalités d’actions se mettraient en place qui favoriseraient le croisement des regards et la qualité des mesures quant à la protection de l’enfant. En soutien aux interventions en binôme, les éducateurs devraient mettre leurs connaissances à jour et ouvrir la palette des expertises et des outils pour lutter efficacement contre les violences rencontrées.

Problématiques et dysfonctionnements de l’AEMO :

  • Des financements non homogènes

Le fait que les tarifications soient déterminées par chaque département induit une disparité des moyens selon où l’on habite. Cette responsabilité devrait être donnée à l’État afin que tous les citoyens soient traités équitablement.

  • Absence de contrôle et impunité

Une fois les centres d’AEMO habilités, qui surveille leurs actions ? Le personnel surpris en faute est-il sanctionné ? La demande d’évaluation des mesures est fortement critiquée par certains professionnels. En résulte un manque général de lisibilité des pratiques des intervenants.

  • Personnel insuffisamment qualifié

L’éducateur devrait être obligatoirement formé à l’écoute des enfants (voire des adultes) y compris de façon infra-verbale. Savoir être vigilants aux signaux que peuvent envoyer les victimes, tous ces indicateurs d’états psychiques malmenés. Malgré ses sourires, un enfant peut envoyer des signes de détresse et de contraintes.

Il est également important que le personnel parvienne à se décaler de ses représentations culturelles personnelles au profit de vraies compétences, en psycho-traumas, en contrôle coercitif, en gestion de l’emprise par exemple…

De plus, les éducateurs pratiquent actuellement beaucoup l’observation mais ils interviennent peu.

Pascale Breugnot et Paul Durning ont analysé différents rapports envoyés aux magistrats au début des années 2000 :

« Près de 80 % des informations de la toute première réunion traduisent un positionnement d’observateur. […] À six mois d’intervention, la place de l’intervention concrète est aussi minime que lors de la première réunion de synthèse ».

Pascale Breugnot et Paul Durning

En résumé, les actions de protection des éducateurs sont difficilement saisissables.

De plus, on l’a vu, le travail individuel des intervenant est encore le socle des rapports des AEMO. Il serait souhaitable qu’il soit remplacé par de nouveaux modes d’action, collectifs et variés, pour un meilleur accompagnement des familles.

  • Des actions insuffisantes, trop tardives, trop peu intensives, mal pilotées et coordonnées

L’absence d’obligation de résultat associée à de nombreux dysfonctionnements dûs à des structures protéiformes, non centralisées conduit à une remise en question de l’efficacité des AEMO.

  • Rapports

Le rapport écrit remis en fin de mesure établit un bilan de l’intervention. Son poids est énorme dans le jugement car le juge s’en remet énormément à sa conclusion. Or, on l’a vu, les éducateurs interviennent peu de temps, ne sont pas formés correctement. De nouvelles exigences de motivation des décisions et de comptes rendus des interventions devraient leur être imposées.

Les ambiguïtés de l’AEMO

Plusieurs questions relatives à l’AEMO peuvent être soulevées.

  • S’agit-il d’une mesure d’aide éducative au sens strict ou contribue-t-elle surtout à l’évaluation juridique des situations ?
  • Comment se positionne-t-elle face à l’accueil des enfants ? Souhaite-elle éviter le placement en proposant une alternative ? Ou cherche-t-elle à préparer le placement ?
  • Est-elle une mesure d’aide ou une mesure de contrôle ? Est-elle réellement active dans le développement physique, psychologique, affectif, intellectuel et social de l’enfant ?

Plein de questions sans réponse…

Ressources

https://igas.gouv.fr/sites/igas/files/2024-05/%C3%89valuation%20de%20la%20politique%20de%20pr%C3%A9vention%20en%20protection%20de%20l%E2%80%99enfance.pdf

https://onpe.france-enfance-protegee.fr/wp-content/uploads/2024/09/document-dorientation-pour-les-mesures-daide-educative-a-domicile-et-daction-educative-en-milieu-ouvert.pdf

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Les victimes ne veulent pas parler, elles veulent être écoutées

ecouter les victimes de violence

La libération de la parole, c’est important.

Ce 21ème siècle l’aura démontré, les victimes parlent et de plus en plus. Elles témoignent pour que d’autres victimes les entendent et se sentent moins seules. Elles brisent le silence sur les violences sexistes, les incestes, les rapports de domination et d’écrabouillement.

Chaque parole compte.

Néanmoins, pour recueillir ici de nombreux témoignages de victimes de violences, on s’interroge sur la pertinence du mot « libération ».

Parler ne fait pas toujours du bien.

Il faut se raconter et revivre un traumatisme, répondre à des questions, faire face aux jugements potentiels et à la culpabilité toujours.

Quand les victimes libèrent leur parole, elles effectuent un acte psychologique et émotionnel très coûteux. Il s’agit d’un processus qui arrive à la fin d’un parcours humain éprouvant et tout le monde n’y parviendra pas.

Alors pourquoi les victimes parlent ?

Les raisons ne manquent pas. Les plus évidentes est qu’elles parlent pour :

  • Pour demander de l’aide essentiellement,
  • pour faire cesser leurs souffrances.
  • Elles parlent pour être crues.
  • Elles parlent pour être entendues.

Écouter les victimes, c’est indispensable !

Quand on écoute une victime, elle ne dit pas « Merci de m’avoir laissée parler« . Elle dit « Merci de m’avoir écoutée« . C’est là toute la différence. Se raconter a été difficile. Mais avoir un interlocuteur bienveillant en face, qui accueille sa parole comme digne de foi et qui fait preuve d’empathie, c’est cela qui lui fait du bien. Actuellement, la société ne sait pas accompagner les victimes qui dénoncent. Or, l’enjeu réside sur la manière de réceptionner cette parole et de l’analyser par la suite.

Comment mieux écouter les victimes ?

Il existe des tas de façons pour aider à changer ce manque d’écoute dans la société.

  • Partir du principe que la victime dit la vérité (des études américaines ont montré que le taux de fausses dénonciations est particulièrement faible : de 0.2 à 6%).
  • Amplifier la formation de tous les professionnels (forces de l’ordre, juges, éducateurs…) à recueillir la parole des victimes, celle des enfants inclue (via la méthode Calliope ou le protocole NICHD).
  • Être attentif au langage non verbal. Donner des signes qu’on écoute. Reformuler. Offrir des commentaires propices qui encouragent à parler. Respecter les silences.
  • Proposer des temps de parole à l’école et faire intervenir des gens qualifiés qui, en écoutant et en observant, sauront détecter des victimes potentielles. Si on ne le fait pas, on laisse les victimes à leur sort.
  • Apporter aux enfants, même jeunes, l’information que ce qu’ils vivent n’est pas normal. C’est ainsi qu’ils pourront partager leurs secrets tragiques avec un sentiment de confiance dans l’écoute des adultes.
  • Faire circuler le numéro d’appel 119, « Allo enfance en danger » ou le site arretonslesviolences.gouv. Des gens rompus à l’écoute recevront la parole des victimes ou des témoins de façon anonyme et les guideront vers les services adaptés.
  • Prendre position contre la violence. Redire qu’elle est interdite par la loi et inexcusable. Être neutre, c’est soutenir le mauvais camp.
  • Allonger le délai de prescription pour que la victime puisse être écoutée même très tard.
  • Respecter les décisions de la victime, qui fait de son mieux pour survivre dans un environnement hostile. Ne pas interférer, encore moins lui dire ce qu’elle doit faire. Ne pas entreprendre des démarches à sa place, sauf si on appartient aux forces de l’ordre et de la Justice et qu’on est habilité à protéger les victimes.
  • D’une manière générale, tenter de comprendre sans blâmer pour renforcer son sentiment que sa vie lui appartient.
  • Enfin, SURTOUT, ne pas juger. Quand on recueille la parole d’une victime, son histoire et ses émotions jaillissent comme elles peuvent. La personne peut être très émotive, troublée ou au contraire sembler ne rien ressentir et se comporter de manière très surprenante. La situation qu’elle a vécue engendre des psycho-traumatismes qu’on n’est rarement à même d’appréhender correctement. Alors le plus simple est de prendre votre interlocuteur au sérieux, de le croire, pour ne pas rajouter à sa souffrance.

Le déni, la banalisation ou le doute causent trop de dégâts.

Les victimes parlent ! A nous de les entendre et de prendre soin d’elles autant que de leur témoignage. Une personne victime de violence vit une situation difficile et douloureuse. Si celle-ci s’est installée depuis longtemps, la victime a mis en place des stratégies d’évitement. Elle a peur, honte et se sent seule. Elle ne pourra sortir du silence que si elle sent crue et écoutée sans jugement, en confiance.

Développons l’écoute, qui protège mais aussi prend en compte l’expression de la victime et sa participation éclairée aux décisions qui la concernent

« Il faut que l’on écoute mieux les femmes en justice. Il faut des professionnels de l’écoute pour les violences conjugales, qui puissent analyser et recouper ce qu’ils entendent. Quelqu’un qui a l’expérience peut repérer les éléments récurrents dans les récits de violence conjugale.

La description des syndromes de stress post-traumatique, la lune de miel, sont par exemple des éléments caractéristiques. Quand j’entends une femme victime, j’ai besoin d’environ 5 rendez-vous pour savoir ce qu’il en est. Ce sont des dossiers qui nécessitent du temps, pour que la parole se libère, pour constater que le scénario décrit ne change pas. On a un espace énorme à investiguer, pour trancher dans un sens ou dans l’autre. Aujourd’hui, cet espace n’est pas utilisé. »

Isabelle Steyer avocate spécialisée sur les violences conjugales

Sources : https://www.actu-juridique.fr/civil/personnes-famille/la-justice-doit-mieux-ecouter-les-femmes/

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Les psycho-traumas des victimes de violences

psycho-traumatismes des victimes de violence

Les psycho-traumatismes regroupent les conséquences psychologiques subies suite à des agressions, des menaces pour sa vie ou celle d’autrui, des violences en général… Ces troubles correspondent à des souffrances psychiques majeures, potentiellement invalidantes, bien réelles même si pas toujours perceptibles par l’entourage.

Les psycho-traumatismes, des symptômes invisibles

Les victimes de psychotraumatismes sont bien plus nombreuses qu’on ne l’imagine (entre 6 et 10% de la population).

Les psycho-traumatismes sont pourtant encore très méconnus. Même si on sait l’importance de la précocité de la prise en charge, les médecins ne sont pas suffisamment formés à les reconnaître, ce qui occasionne une souffrance qui pourrait être circoncise.

En France, on reconnait plus facilement les psychotraumas des victimes d’attentats ou de catastrophes naturelles mais ceux issus d’autres types de violences, quotidiennes et moins visibles, ne sont pas ou peu pris en charge et font d’immenses dégâts.

Les conséquences des violences faites aux femmes et aux enfants sont invisibilisées. Pourtant les viols, les incestes, les violences psychologiques laissent des séquelles indéniables sur le développement psycho-affectif des victimes. Ces processus silencieux de dégradation, d’absence d’amour, de déshumanisation forment une multitude d’enfants puis d’adultes brisés.

Pour l’inceste on parle de crime sans cadavre.

Point sur les Psycho-traumatismes des victimes de violence

La souffrances des psychotraumatismes est réelle et multidimensionnelle. Elle irradie dans le mental, dans le corps, dans tout ce qui a trait à l’âme et à l’être. Chaque personne va vivre la maltraitance à sa manière.

Certaines souffrances, certains dégâts peuvent être communs à toutes les victimes, comme un mal de vivre, des terreurs, des angoisses, etc… Mais les manifestations des pycho-traumatismes sont pour beaucoup personnelles et uniques. Chacun développe des mécanismes mentaux, une gestion de la mémoire ou des émotions différentes. C’est le travail des psychologues que de les analyser pour permettre aux victimes de les verbaliser et d’entamer un processus de réparation, autant que possible.

Un enfant victime d’inceste peut avoir des raisonnements traumatiques différents.

1 – Mon parent me fait souffrir –> mon parent ne m’aime pas –> c’est forcément de ma faute car je ne suis pas « aimable » –> personne ne peut m’aimer.

2 – Mon parent me fait souffrir –> je me déprécie et me déshumanise –> je suis un objet qu’on peut utiliser –> je n’ai pas de respect pour moi.

3 – Mon parent me fait souffrir –> cette souffrance est intolérable –> je suis déjà morte.

4 – Mon parent me fait souffrir –> mon esprit ne peut pas comprendre ce qu’il m’arrive –> j’efface tout de ma mémoire

Les psycho-traumatismes sont polymorphes et parmi les réactions possibles, il y a celles du corps qui réagit à son tour aux insupportables violences subies.

Chaque victime connait un lot de douleurs importantes, chroniques ou diffuses, des malaises, des migraines, des brûlures d’estomac, des pertes ou prises de poids, de l’instabilité du sommeil et de l’humeur, du stress qui entraine exémas, dermatites, mycoses…

Des maladies liées à des troubles intestinaux comme la colopathie ou liées à une hypersensibilité douloureuse comme la fibromyalgie sont aussi fréquentes et vraisemblablement connectées aux conséquences des violences sexuelles.

Les troubles psychotraumatiques chroniques peuvent durer longtemps, potentiellement toute une vie en l’absence de prise en charge et de traitement.

Les victimes cohabiteront difficilement avec des syndromes de reviviscence (des souvenirs intrusifs angoissants suscités par tout ce qui peut y être associé), des syndromes d’évitement (la victime évite les lieux, les personnes mais également les pensées qui réactivent ses peurs, jusqu’à s’isoler totalement), des syndromes d’hyperréactivité (état d’alerte quasi-permanent entrainant irritabilité, hypersensibilité, troubles de l’attention, de la concentration, une profonde fatigue physique et psychique)… Mais ces troubles ne se voient pas…

Pourtant, sur du long terme, ces psycho-traumatismes peuvent entraîner de véritables modifications de la personnalité, de la solitude, une perte de repère et d’espoir, un sentiment d’insécurité permanent… Sans parler des pathologies associées. Les dépressions sont très fréquentes (50%), les addictions (alcool, drogues) vont concerner 30 à 50% des patients. Viendront également les troubles anxieux, alimentaires, sexuels, du comportement, du sommeil, les conduites suicidaires…

La liste est longue, presque infinie, des conséquences des violences faites principalement aux femmes et aux enfants.

Ce qui peut aider les victimes de psycho-traumatismes ?

Si vous connaissez une personne victime de violence, ayez conscience qu’elle subit quotidiennement les conséquences de ce qu’elle a douloureusement expérimenté. Si vous souhaitez l’aider à votre mesure, voici des comportements adaptés à sa souffrance :

  • Avoir de la compassion,
  • Être réellement à l’écoute, sans jugement.
  • Proposer son amour inconditionnel
  • Respecter sa façon de réagir
  • Accueillez sa souffrance (pas besoin de la ressentir, juste de l’accueillir)

Du soutien et de la bienveillance, plus globalement, aideront cette personne à mobiliser ses propres ressources et à se réhumaniser.

Point sur les Psycho-traumatismes des victimes de violence

Sources :

https://www.lareponsedupsy.info/Psychotraumatisme

https://www.memoiretraumatique.org/

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Les phrases sur la violence qu’on ne veut plus entendre

violences intrafamiliales les phrases qu'on ne veut plus entendre

Oui certes il y a de la violence, mais…

 » Vous l’avez choisi le père en même temps »…
 » En même temps, tu as un caractère difficile, tu n’es pas facile à vivre »…
 » C’est toi qui lui refiles son stress »…

Vous les connaissez ces phrases qu’on assène toujours aux victimes ? Les explications extérieures du pourquoi on a reçu des coups, on s’est fait violer, on a subi de l’inceste… Et étrangement, c’est toujours de la faute des victimes !

Un mari violent peut être un bon père

Ben non… Un humain qui en maltraite un autre ne peut pas être un bon parent. Il ne peut ignorer l’impact de ses gestes sur la vie de ses enfants. Quand tu frappes, humilies, agresses la personne avec qui tu as fondé une famille, tu montres un exemple dysfonctionnel qui risque d’être assimilé comme normal. La violence n’a jamais sa place et il faut d’abord passer par un long travail psychologique avant de songer à prétendre à une parentalité saine et bienveillante.

Votre enfant vous dit ce que vous avez envie d'entendre

Le parent protecteur est très souvent accusé de manipuler son enfant. Vient très rapidement ensuite le fantasme de l’aliénation parentale, ce symptôme imaginé au 20ème siècle par Gardner, un médecin véreux, misogyne, faisant l’apologie de la pédocriminalité. Les vrais experts le répètent pourtant, il faut écouter la parole des enfants et suivre l’intérêt supérieur des victimes mineures. Les enfants qui dénoncent doivent être entendus sans jugement.

Tu es sûr(e) que tu n'exagères pas, il/elle a l'air gentil(le)

Nous ne comptons plus les fois où la parole des personnes qui dénoncent n’est pas admise comme vraie. L’audience demande bien trop souvent de la nuance, des explications, des justifications. Quelqu’un qui dit : « on m’a volé mon vélo » est davantage cru qu’une personne qui déclare avoir été violée par un proche. L’entourage a tendance à minimiser pour éviter le scandale et se confronter à une réalité violente très dérangeante.

La plainte a été classée sans suite donc tu as menti

Et non… Les raisons pour lesquels des plaintes sont classées sans suite ne sont jamais équivalentes à un jugement sur le fond. L’affaire peut être prescrite, la procédure jugée irrégulière, la justice peut estimer ne pas avoir assez d’éléments pour enclencher des poursuites… Sans parler des abus… La plainte sans suite est donc une absence de jugement et n’indique en rien où se situent les torts. Elle montre aussi les limites de ce que peut la justice face aux révélations.

Dans un conflit parental, les torts sont partagés à 50/50

Cette croyance a la vie dure. Pourtant rien de moins logique. Comment mettre sur la même échelle une personne toxique, agressive, manipulatrice et sa victime ? Tous les conflits parentaux ne s’articulent pas autour de l’aménagement du quotidien, parfois les enjeux sont vitaux. La violence psychologique et physique n’est pas exercée/subie à 50/50… Il y a alors un seul coupable et c’est une erreur de parler de responsabilité partagée !

Avez-vous des preuves de cette violence ?

« Oups, j’ai oublié de brancher la caméra pendant qu’il me tabassait… ». « Zut, il n’a pas voulu signer des aveux d’inceste, le coquin… » Dégainer des preuves de violences physiques, psychologiques, sexuelles est très difficile. Parfois les traumatismes sont invisibles. De plus, les victimes sont en mode survie, pas en mode enquêteur de police, à filer directement au laboratoire après leur viol… Il est grand temps que la notion de preuves change.

Après la plainte, vous devriez quitter votre appartement !

« Maintenant que vous avez déposé plainte, quittez le logement pour vous mettre en sécurité »… N’est-ce pas le monde à l’envers que de demander aux victimes de partir, avec parfois leurs enfants, au lieu de faire évacuer la personne violente ? En plus de ses traumatismes, la victime va devoir tout abandonner pour se retrouver dans un lieu souvent pas adapté et vide de tout ce dont elle a besoin. C’est un non sens !

Ou encore :

« Tu es sûr(e) que tu n’exagères pas, il/elle a l’air gentil(le) »

« Dans un conflit parental, les torts sont partagés à 50/50 »

« Avez-vous de preuves de cette violence ? »

« Après la plainte, vous devriez quitter votre appartement ! »

Et encore beaucoup d’autres phrases dans les commentaires de cette publication.

Et vous, vous en connaissez d’autres des phrases de ce type ?


Nous vous conseillons également la lecture de notre article « la charge mentale de la violence.« 

L’histoire du patriarcat en raccourci

histoire du patriarcat

Est-ce possible de tracer les grandes lignes de l’histoire du patriarcat ? Après la lecture du passionnant ouvrage de Titiou Lecoq : « Les grandes oubliées – Pourquoi l’histoire a effacé les femmes« , on s’est amusés à tenter l’aventure d’un résumé du patriarcat, responsable de tellement de maux de notre société. Prenez une boisson chaude et votre indignation, on vous raconte !

pourquoi l'histoire a oublié les femmes

L’histoire du patriarcat en un article…

Ils et Elles étaient une fois les humains, il y a fort fort fort fort longtemps, du temps de la préhistoire. Enfin… DES préhistoires vraisemblablement car cette période occupe 99.7% de l’évolution de l’espèce humaine sur Terre. Les 0.3% englobent le néolithique à nos jours… Autant vous dire qu’il est impossible de résumer le mode de vie de TOUS les êtres ayant vécus durant ces 3 millions d’années. Parler des « hommes préhistoriques » ne veut RIEN dire. Et parler des femmes préhistoriques non plus.

Sauf que concernant les femmes, on peut se permettre de s’attarder pour réviser un peu nos classiques et nos croyances…

Tout ce qu’on nous a appris :

  • La femme préhistorique est moins costaude que les hommes
  • Elle s’occupe de la cueillette pendant que les hommes chassent le mammouth
  • Elle est toujours enceinte
  • Elle vit au fond d’une grotte, avec ses cheveux hirsutes…

Sans suspens, on le sait désormais, c’est FAUX ! Depuis que les femmes historiennes se sont mises à regarder le travail des historiens, elles ont vite vu que ces derniers analysaient l’histoire via un biais de genre (inconscient probablement) qui faussaient leurs analyses.

Ces connaissances nouvelles sur nos ancêtres remettent en question l’histoire enseignée et bouleversent nos croyances.

Les humains, durant ces millénaires, ont eu des comportements variés qui visaient tous la survie. Ils avaient besoin des autres et vivaient en groupe. Nomades, avec une dépendance à la nature, hommes et femmes faisaient les choses ensembles : chasse, cueillette, gestion des bambins (les femmes accueillaient un enfant tous les 4 ans en moyenne et non elles n’étaient pas constamment enceintes).

Leurs corps étaient forgés par les mêmes activités. C’est d’ailleurs pour cela que les historiens ont longtemps cru que tous ces ossements de « chefs » étaient ceux de super hommes des cavernes. Un squelette de femme préhistorique ressemble à celui d’un homme préhistorique de la même époque.

Un chef, c’est un mâle non ?

Sauf que non ! L’ADN a tranché depuis. Les femmes cheffes de clan existaient tout autant et recevaient des sépultures identiques. Ce n’est pas parce qu’il y avait des couteaux que les personnes enterrées étaient des hommes.

Zéro discrimination, il y avait alors…

Mieux, les femmes étaient sans doute davantage vénérées. Pourquoi ? A cause de leur capacité à créer des bébés, des deux genres qui plus est, (sympa de se charger aussi de la reproduction de tout le monde). Magie ! L’homme des cavernes n’avait pas capté que la partie de jambes en l’air d’il y a 9 mois avait eu une légère influence… A cette époque, les femmes = déesses qui créent la vie ! Cf les dessins dans les grottes qui représentent majoritairement des femmes.

Pour résumer, pendant 99.7% de l’histoire de l’humanité, les femmes et les hommes ont évolué de manière équilibrée.

Foufou non ? On se demande alors qui est le cornichon de sapiens qui a tout fait dérailler !

Et puis le drame…

C’est au néolithique que les choses ont mal tournées pour les Vénus. A cette époque, un réchauffement climatique (tiens tiens) pousse petit à petit les humains à se sédentariser. Fini le nomadisme, coucou l’agriculture et l’élevage. On pense que c’est d’ailleurs l’observation des animaux d’élevage qui a permis aux hommes de comprendre leur rôle dans la reproduction. « Hey, regarde, une chèvre noire, un bouc blanc… C’est marrant ces chevreaux noirs et blancs… « 

Si on rajoute à cela, l’arrivée de la notion de propriété (= ne touche pas à mes chèvres), l’émergence de la violence (= si tu touches à mes chèvres, je te tue), les hommes ont pris possession du corps des femmes pour maitriser leur descendance (pour savoir à qui léguer les chèvres…).

Il y a un lien direct entre la sédentarisation et la violence (qui est différente de l’agressivité car construite socialement). D’ailleurs, c’est à cette époque que l’épée (ce truc qui n’a pas d’autre utilité que de tuer un autre humain) est inventée. Et que le culte de l’homme guerrier prend racine.

L’agriculture et l’élevage étant des activités fort pénibles, les hommes, ces génies, ont eu l’idée de déléguer ces tâches à d’autres (en les forçant un peu beaucoup). Ils ont sous-traité aux femmes et aux enfants rapidement et puis à d’autres hommes.

L’esclavage ? En voilà une idée qu’elle est bonne. Le patriarcat puise ses racines dans le sentiment de propriété des hommes = Les chèvres sont à mouaaaaaaa !

A partir de cette période du néolithique, les humains se sont différenciés et jugés en fonction de leur sexe. Leurs corps ont changé (parfois plus musclés chez les hommes mieux nourris, parfois totalement abimés pour ceux qui travaillaient la terre, parfois ravagé par les grossesses successives). Leur sentiment d’eux-mêmes, leurs valeurs, leurs accès aux ressources, à la connaissance et au pouvoir aussi…

0.3% de notre histoire ont suffit à faire dérailler le train du « vivre ensemble dans l’équité ».

Les religions et toutes sortes de croyances sociétales sont venues rajouter une bonne couche de « l’homme, c’est le chef des femmes, c’est la loi. C’est la nature« . Pas de bol franchement…

Les hommes, au travers des siècles, se sont appliqués à invisibiliser les femmes, les privant de leurs droits : étudier, travailler à des postes importants, posséder des terres, accéder au pouvoir, épouser qui elles veulent… Ils ont écrit l’histoire, conçu les lois, créé les croyances pour que la moitié de l’humanité n’ait jamais droit à la même chose qu’eux.

Et aujourd’hui, tout le monde en souffre

L’histoire du patriarcat continue. Les violences intra-familiales actuelles puisent leurs sources dans cette hiérarchisation des humains, où on peut maltraiter des femmes et des enfants simplement parce qu’on en a la possibilité. Et évidemment dans le sentiment de propriété qui en découle. Les personnes violentes refusent systématiquement que leurs victimes leur échappent et s’éloignent de leur main mise.

Heureusement, de tout temps, des femmes ont combattu ces injustices, souvent en le payant de leur vie. La situation est loin d’être réglée, les injustices restent criantes. Les femmes et les enfants continuent d’être les victimes majoritaires de nos sociétés patriarcales. Mais les hommes ont aussi beaucoup perdu à être forcés de se comporter comme des machos.

Ne lâchons rien ! Tous les humains se valent, les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, etc…

Réapprenons à vivre ensemble. A nous de donner un clap de fin à l’histoire du patriarcat.

histoire du patriarcat

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Maddy ou le récit de 3 générations de violences intra-familiales

violences intragenerationnelles

Maddy a 53 ans. Elle a subi toutes les formes de violences possibles de la part de ses parents, Pierre et Jeanne, et cela depuis sa naissance. Séquestrations, viols, coups, humiliations, affamements…

Mais avant de vous exposer son horrible enfance et sa vie de femme toujours maltraitée, nous allons vous présenter ses parents bourreaux. Rien n’excusera jamais ce qu’ils ont fait mais comprendre leurs vies, c’est aussi décortiquer le mécanisme des violences familiales transgénérationnelles et patriarcales.

Violences familiales transgénérationnelles, une lignée à briser

Pierre * 1933 – 2005

Pierre nait dans une famille où règne un père despotique. Son enfance pourrait être résumée par une infinité de coups qu’il reçoit quotidiennement de la part de son géniteur, un ouvrier tout le temps alcoolisé et très violent.

Premier garçon d’une étrange fratrie, il verra son père tuer deux bébés filles que sa femme met au monde. Les autres filles qui en réchappent sont placées. La mère de Pierre finira à l’asile, hautement perturbée par cette violence sans nom. Ses deux parents sont également des traumatisés de la guerre, des bombardements, des couvre-feux et des horreurs qu’ils ont subies.

Pierre grandit dans des violences domestiques perpétuelles. Il est lui-même placé plusieurs fois dans des familles d’accueil où il est également déshumanisé.

En plus de subir des horreurs, il évolue dans un discours de haine vis à vis des femmes. Ces dernières sont responsables de tout. Autour de Pierre, elles vivent l’enfer, les humiliations, la violence, la soumission forcée pour survivre et l’obéissance par arme à feu.

D’ailleurs, c’est également la façon dont va se développer le jeune homme. Il va devenir roublard, violent, pervers pour survivre à son tour et gagner du pouvoir.

Il part à l’armée où son virilisme se parachève. A son retour, il fait la connaissance de Jeanne, sa future épouse.

Jeanne * 1932 – 2018

Inversement, Jeanne grandit au sein d’une famille aimante et bienveillante. Ses parents de confession musulmane pour son père et catholique pour sa mère lui apprennent la tolérance et l’amour de son prochain.

En revanche, la guerre est un traumatisme immense pour la jeune femme. Elle connait les douleurs de l’exode, les privations, le manque de protection et de confiance et garde en elle une peur constante de mourir.

C’est sur ces fragilités que Pierre posera les briques de son emprise. Elle le rencontre à 25 ans et tombe sous le charme de ce qui lui semble être une force protectrice…

Pierre et Jeanne

Pierre a besoin d’argent, or la naïve Jeanne en possède. Voilà la seule motivation à l’origine de leur couple. A peine mariés, ils s’installent dans une roulotte, à l’écart de la ville. Et l’enfer commence pour Jeanne.

Elle découvre un mari violent, reproduisant les sévices qu’il a lui-même subis. Elle devient sa chose et il lui ordonne de rester dans cette cahute insalubre pendant que lui mène la vie qu’il veut.

Il la viole, la formate, l’humilie, la dégrade, l’isole de sa famille. Jeanne a peur, elle se soumet pour se protéger.

Jeanne tombe rapidement enceinte d’un petit garçon avec qui elle développe une relation œdipienne complexe. Mais aliénée à son tortionnaire, sous emprise totale, elle ne saura jamais être une maman aimante.

Pierre déplace la roulotte régulièrement pour que Jeanne ne rencontre personne. Ses beaux parents sont interdits de séjour mais il accepte que Jeanne aille les voir si elle revient avec de la nourriture et de l’argent.

Avec les courses, c’est la seule sortie autorisée. Sinon, elle reste enfermée avec son fils, sous la totale domination de Pierre, obéissant à toutes ses consignes, pour survivre. Il la submerge de tâches domestiques, et d’ordres abscons comme l’esclave qu’elle est devenue.

Au fil du temps, les contrats de Pierre, qui travaille dans le bâtiment, s’amenuisent. Jeanne et lui finissent par acheter un terrain pour faire construire une maison. Hélas les travaux ne se termineront jamais et Jeanne sera reléguée dans une caravane posée au milieu du chantier délétère. Ces conditions difficiles augmentent encore l’irascibilité et le pouvoir de nuisance de Pierre.

C’est dans ce marasme familial, composé de violences sexuelles et psychologiques que Maddy voit le jour.

Jeanne a fait un déni de grossesse et découvre sur la fin qu’elle attend un enfant, 10 ans après son fils. Après cette naissance, Jeanne refusera tout rapport sexuel avec Pierre qui lui imposera alors 2 maitresses.

L’arrivée de Maddy prend tout le monde de cours et perturbe encore plus la vie de cette famille tordue. Son frère ne se remettra jamais de son brusque débarquement et de la place qu’elle prend. Jeanne, terrorisée et concentrée sur sa propre survie, ne saura jamais protéger sa fille. Quant à son père, il fera de sa vie un enfer.

Maddy va grandir en se sachant l’élément de trop. Son père et son frère ne l’appelleront jamais autrement que « le dommage collatéral ».

Son enfance sera un calvaire sans nom, une accumulation infinie de faits sordides. Et personne ne lui viendra jamais en aide.

L’enfance de Maddy, séquestration, torture, viol… l’enfer au quotidien

Maddy nait donc dans une famille dysfonctionnelle et névrosée. Les brimades commencent dès la naissance, mais le premier souvenir de cette enfant non désirée est quand elle se réveille dans le camion des pompiers. Elle a 2 ans. Malgré une fièvre violente due à une maladie infantile, ses parents ne sont pas intervenus. Elle a fini par s’évanouir et perdre un bout de poumon. C’est la première fois que le corps médical constate que Maddy est maltraitée, mais ce jour-là comme les suivants, ils n’interviendront jamais. Maddy garde un souvenir heureux de l’hôpital où elle est étonnée qu’on lui parle gentiment.

Maddy n’a pas de chambre, ni jouets, elle dormira avec sa mère jusqu’à sa fuite. Elle ne mange pas avec le reste de la famille. Dès que son père rentre, il lui met la tête dans la nourriture et demande à sa mère de lui filer le reste du repas sur les toilettes du garage, avec les araignées et les rats.

Pierre, toujours armé, violent, imprévisible, terrorise tout le monde. A la moindre désobéissance ou assimilé, les représailles sont terribles. Il les inflige volontiers ou demande à sa mère de le faire pour lui. Cette dernière obtempère aveuglément, qu’il soit présent ou non. Maddy est punie au coin pour tout ou enfermée dans la cave des heures et/ou jours durant.

Il organise régulièrement des descentes punitives improvisées pour maintenir sa pression tyrannique et transforme la maison en bunker avec des règles très compliquées.

Les portes sont toutes multi verrouillées, il faut demander l’autorisation pour aller aux toilettes. Les rares sorties sont chronométrées et questionnées. Personne n’est le bienvenue. Mais qui viendrait ? Même les voisins sont terrorisés car il rode la nuit comme un forcené. Il y a des munitions dans toutes les pièces. Maddy grandit dans un climat de violence, elle apprend à tirer, elle trouve normal que son père la menace de mort régulièrement. Comble de la perversion, il lui fera creuser sa tombe, mise en joue, en lui disant que personne ne la regrettera quand il la mettra dedans…

La seule « joie » qu’on concède à Maddy, c’est d’avoir des animaux. Son père l’autorise à garder les chats et les chiens errants mais c’est pour mieux les décapiter quelques temps plus tard sous ses yeux.

Toute son enfance, Maddy va à l’école par intermittence. Malgré les marques de maltraitance, les absences, il n’y aura jamais de signalement. Et comme elle est formatée au silence, l’enfant ne dénonce personne non plus. Pire, connue comme la « fille du fou », elle est harcelée par les enfants du village.

Maddy se tait pour éviter que son père ne tue des gens (ou sa mère), par représailles.

Pendant ce temps, son frère est libre de ses mouvements et de ses fréquentations. Il sort dès que possible pour échapper à cette famille où il subit aussi des humiliations, dès qu’il veut aider sa mère. Il se fait traiter de « pédé ». Il finira par demander à être émancipé à 18 ans et niera toute appartenance à cette famille dont il a honte… avant de reproduire plus tard ces schémas à son tour.

Jeanne apprend à Maddy de manière plus ou moins consciente, ses astuces pour survivre, pour supporter cette vie infernale : tout taire, cacher, dissimuler. Elle utilise aussi sa fille comme bouclier. Quand Pierre s’emporte, c’est Maddy qui subit tous les sévices. Dans ces moments, Jeanne redevient une petite fille apeurée, qui se dissocie et prétend ne pas savoir ce qui se passe. Et quand la démence paternelle se termine, elle explique à Maddy que ce n’est pas grave et qu’elle peut aller dormir en toute sérénité maintenant. A chaque sévice, elle lui offre un pull qu’elle a tricoté.

En revanche, Jeanne fait bouillir de l’eau toute la journée pour se protéger en cas d’agression mais elle ne s’en servira jamais contre les agressions infligées à sa fille.

Les séquelles de cette vie infernale sur le corps de Maddy, en plus d’une souffrance psychologique immense, sont nombreuses. Les coups, l’absence de soin, la dénutrition, la maltraitance généralisée ont détruit le corps de l’enfant puis de la jeune femme.

Le bilan très lourd : poumon atrophié, polyarthrite rhumatoïde fulgurante, dentition abîmée, problèmes de vision et d’audition, maladies chroniques, poussées inflammatoires très douloureuses.

Les douleurs ont commencé à sa naissance et elles perdurent aujourd’hui, voire s’empirent avec le temps. Ce corps qui trinque à outrance, c’est le lot de Maddy, mais également celui de Jeanne et des femmes des générations précédentes, multi-violentées et même parfois internées jusqu’à leur mort.

Violée par une des maitresse de son père

A ce quotidien de violence inouïe, va venir se rajouter le viol. Son père fréquente deux maitresses, des femmes bien abimées par la vie également. La situation est connue et assumée. Maddy doit les appeler « tata » et Jeanne n’a pas son mot à dire.

Vers les 6 ans de la petite fille, son père estime qu’elle a l’âge de cuisiner pour tous et il demande à Suzanne, une des maitresses, d’apprendre à Maddy à être une « bonne femme ». Suzanne, alcoolique et dépressive, fera bien pire. Elle violera Maddy à chaque rendez-vous, avec l’accord de son père, qui livre sa fille sans soucis pendant qu’il attend dans le salon. L’enfant, habituée à tous les sévices, se sachant pas mieux lotie qu’un objet, se mettra en état de sidération et de dissociation, afin de survivre au pire.

Ces viols dureront 2 ans.

Au cours de son enfance traumatisante, Maddy ne trouvera aucune main tendue. Jusqu’à ses 20 ans, elle subira le pire sans que les médecins, les professionnels de l’enfance, l’école ou la police n’interviennent. Elle grandira seule, comme la survivante qu’elle est, condamnée au silence, militarisée, objetisée, déshumanisée et formatée à côtoyer la violence et la mort.

Le déclic qui lui permettra de s’échapper viendra de manière incongrue. Elle croise une jeune prostituée qui subit un quotidien similaire. Elle décide alors de l’aider. En s’occupant de la mettre en sécurité, elle réalise qu’elle peut mettre en place la même chose pour elle puis pour sa mère.

Dès lors, elle va fomenter un plan pour s’enfuir de « la maison de l’enfer » ! Son objectif : sortir sa mère de là et recommencer une vie.

Cela prendra du temps, pour des tas de raisons d’emprise et de sécurité. Mais les déclics s’accumulent et renforcent sa détermination.

Quand elle a 17 ans, Pierre lui impose le visionnage d’un film sur l’inceste et il verbalise : “Elle l’a bien mérité”. Maddy comprend que ce sera bientôt son tour. Pierre décide de créer une chambre pour Maddy dans la cuisine. Elle doit quitter le lit de sa mère qu’elle occupe depuis son enfance. Dès les premières nuits, Pierre va tenter d’entrer dans cette couche improvisée. Alors Maddy retourne dans le lit de Jeanne et dort désormais avec ses vêtements et un couteau sous son oreiller.

C’est à ce moment-là que Maddy réalise qu’elles ne pourront pas fuir ensemble. Elle va d’abord essayer de se mettre à l’abri puis de protéger sa mère.

Le combat de Maddy, une renaissance presque impossible

Maddy va mettre 3 ans pour mettre son plan en action, faute de solutions financières et d’aides extérieures. Bien qu’elle travaille, son père lui bloque tous ses salaires, son véhicule, son autonomie et toute tentative de fuite.

De plus, amoureuse, Maddy est sous l’emprise et la soumission d’un chef de bande qui profite de son absence de construction sentimentale et émotionnelle. Dès les premières relations sexuelles, ce sont des viols à répétition qui basculent graduellement sous tout type de violences et de déviances.

Quand elle parvient à se libérer de son fiancé toxique, Maddy ne veut plus subir de violences sentimentales.

En revanche, elle désire avoir un enfant alors elle demande à son meilleur ami de lui offrir ce bonheur car il est la seule personne en qui elle peut avoir confiance. Ce qu’il va accepter.

Convaincue de son infertilité, elle fait un déni de grossesse et réalise tardivement qu’elle attend un bébé et décide de cacher sa grossesse à son père jusqu’au bout, en bandant son ventre. Pour la première fois, elle reçoit de l’aide ! Une assistante sociale se démène pour lui trouver un logement qui pourra les accueillir, elle et son enfant. Une fois en sécurité, Maddy tente de convaincre sa mère de prendre à son tour la fuite. Jeanne refusera pendant 3 ans durant lesquelles Pierre imposera une 3ème maitresse à leur domicile et tentera de lui ôter la vie en sectionnant les freins de son véhicule.

Maddy n’a pas d’autre alternative que de passer elle-même à l’action pour sauver sa mère. Elle réussit l’exploit de tromper son père pour faire sortir sa mère !

Hélas, loin d’être le début d’une nouvelle vie, la colère paternelle explose. Pierre détruit tout, il les menace le jour et la nuit, avec des armes.

C’est l’usage de la violence étrangement qui apaisera un peu les choses. Maddy accepte l’aide d’un membre de la bande qu’elle côtoie. Ce dernier menace à son tour Pierre des pires représailles si il continue d’harceler sa fille et sa femme. Le père, terrorisé, a une sorte de prise de conscience et s’excuse auprès de Maddy. Il ne cherchera plus à l’intimider. De plus, quelques temps plus tard, il fait un arrêt cardiorespiratoire. Maddy est à son chevet à son réveil.

Ça remue des choses chez lui et il change de comportement. Une sorte d’accord aura lieu entre eux qui lui permettra d’entretenir des relations presque correctes.

Elle obtient le divorce de ses parents, aux torts exclusifs de Pierre. Et elle prend sa mère en charge, car celle-ci est incapable de s’en sortir par ses propres moyens.

Un cycle infernal infini

S’être éloignée de son père n’a pas tout réglé. A la naissance de sa fille, à 26 ans, elle devient handicapée (polyarthrite). Elle devra passer presque 4 ans à l’hôpital car son corps cumule tous les maux de son enfance traumatisante.

C’est l’occasion pour sa mère de faire un immense transfert. Elle décide de devenir la mère des enfants de Maddy. Par manipulation, Jeanne monte les deux petits contre leur maman. Celle-ci ne les verra jamais durant son hospitalisation car Jeanne refuse de les emmener à l’hôpital.

Sa maman redevient perverse et manipulatrice à son tour, car c’est le seul mode de vie qu’elle connait, et au final se retourne contre Maddy.

Quant aux enfants, la relation avec leur mère ne sera qu’un immense fiasco, tellement la forme d’aliénation parentale mise en place par Jeanne perdure encore aujourd’hui. Maddy admet volontiers avoir de grosses difficultés à ne pas reproduire le schéma de son enfance. Quand elle finit par revenir chez elle, ses enfants ont peur d’elle car Jeanne les a formatés. Maddy punit trop alors qu’elle pense avoir été hyper gentille versus sa propre enfance. Affectivement, elle n’est pas aidée non plus par ses relations amoureuses. Tous ses compagnons sont des pervers, manipulateurs qui ne la respectent pas.

Sans grande notion des stress post-traumatiques complexes qui l’affectent, Maddy est consciente que quelque chose ne va pas. Elle ne veut surtout pas ressembler à ses bourreaux.

Elle demande rapidement l’aide des hôpitaux parisiens dans lesquels elle est suivie pour les affections osseuses. Ainsi, Maddy est la première personne de toute sa lignée familiale à chercher de l’aide ou des solutions. Plus que tout, elle souhaite rompre les schémas de reproduction des violences transgénérationnelles intrafamiliales et les conséquences dévastatrices des états de stress post-traumatiques complexes qui affectent plusieurs générations.

Son entreprise s’avère plus chronophage que prévue puisque comme l’exige la loi, elle est soumise au devoir d’assistance de ses ascendants (et tortionnaires).

Bien que polyhandicapée, sans aidant, mère solo de deux enfants, sans soutien familial et malgré les manipulations de sa mère, l’éloignement de ses enfants, le désert affectif de sa vie, c’est à elle qu’incombe la prise en charge de tous les membres de sa famille : son père qui vieillit, ses grands-parents maternels mourants, sa mère également polyhandicapée et dépendante…

A la mort de Pierre, elle doit aller vider sa maison et donc revenir sur les lieux détestés de son enfance. Toutes les horreurs enfouies, tous les souvenirs terribles, tous les traumatismes resurgissent et la mettent à terre. S’en suivront 7 années de burn-out dû à la disparition de l’amnésie traumatique et des dissociations.

Revivre tout ce qu’elle a vécu lui fait comprendre également la vie de ses propres parents à travers les documents qu’elle retrouve. Ces violences intra-familiales se perpétuent depuis des générations. Tout le monde est victime, tout le monde est coupable.

Et cela continue… La mort de leur père fait revenir son frère sur le devant de la scène, très intéressé par la succession.

Ce dernier commence alors une violence psychologique et financière contre Maddy et sa mère, les harcelant et les manipulant à son tour de bout en bout.

Il accuse sa sœur de tromper leur mère et la dénonce à la justice afin de prendre possession des biens sans être inquiété. Il leur refuse l’accès à l’héritage tout en les obligeant à assumer les charges financières sous peine d’huissier. Aucune plainte de Maddy pour se défendre n’aboutira. Étrangement encore, c’est l’attitude de son fils à la suite d’un AVC dont il est la cause, qui décide Jeanne à autoriser Maddy à raconter leur histoire. La libération de la parole a enfin lieu.

Maddy a 48 ans quand elle est capable pour la première fois de parler des crimes dont elle a été victime. Maddy contacte plus de 62 avocats mais tous refusent ce dossier trop complexe et financièrement peu intéressant (Maddy bénéficie de l’aide juridictionnelle). Elle est finalement entendue par deux juges des tutelles qui mettent immédiatement en place des mesures pour lui venir en aide.

Tout le monde hallucine de cette vie indigne qu’on lui a infligée. Pourtant, quand elle raconte enfin son histoire à ses enfants, ceux-ci ne la croient pas.

Comme Maddy souhaite mettre Jeanne sous curatelle, ils l’accusent d’être une fille ingrate et cherchent à l’interner. Pire, comme ils la détestent, ils la volent, la frappent. Ils l’empêchent également de revoir sa petite-fille qu’elle a élevée et protégée près de 3 ans, des multiples violences psychiques, physiques, emprises, négligences, drogues et alcool qu’elle subissait depuis sa conception de la part de ses parents et de ses multiples beaux parents.

Après avoir pris connaissance de l’histoire de leur mère, un de ses enfants décide même de faire tatouer sur l’intégralité de sa cuisse le portrait d’un des bourreaux de sa mère…

Malgré l’horrible vérité démasquée, Maddy comprend qu’elle ne sera jamais reconnue victime par sa famille. Mais le pire est de ne pouvoir étre entendue par la Justice car il y a désormais prescription. De plus, 4 de ses 6 bourreaux sont morts. Son frère (et sa femme assistante sociale) ne seront probablement jamais inquiétés…

Ses bons droits à la succession sont bloqués depuis 15 ans.

Alors puisque que sa vie complète a été volée, puisqu’elle doit en assumer les séquelles physiques et psychologiques, Maddy a décidé de mettre son énergie dans d’autres combats. Depuis ses 17 ans, elle porte assistance à d’autres victimes survivantes en danger et les encourage à prendre la parole pour revivre. Plus de 170 personnes ont reçu son aide. Elle propose aussi de la médiation animale bénévole car de son enfance est resté un amour inconditionnel pour les animaux de compagnie.

Maddy continue de se battre, pour elle et pour les autres. Elle se fait suivre par des professionnelles et pratique de nombreuses techniques de reconstruction (art-thérapie, écriture, pleine conscience, médiations…)

Cette histoire de violence intra-familiale montre bien à quel point ces comportements d’adultes sont le résultat d’enfances détruites.

Et que tant que l’enfant n’est pas protégé, non seulement il souffre. Mais il peut aussi faire souffrir en reproduisant le seul schéma de violence qu’il a connu.

Derrière toute personne violente se cache bien trop souvent un enfant qui a été violenté.

Protégeons les enfants et nous construirons un monde meilleur

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violence familiale transgenerationnelle

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La vigilance face à la violence est épuisante !

charge mentale de la violence

La charge mentale de la violence est largement sous-estimée. Pourtant quand on grandit dans une famille où la violence est présente, qu’elle soit psychologique et/ou sexuelle, on se construit différemment des autres humains.

Chaque jour de son enfance se passe dans une vigilance constante. On guette les signes avant coureur des crises, des coups à venir, des agressions. On cherche à éviter l’inévitable, on est toujours sur le qui-vive et on tente de se faire oublier pour ne pas déclencher cette violence intrafamiliale.

La charge mentale de la violence

Cette pression infinie diminue la confiance en soi et dans les autres. Il est presque impossible pour un enfant de penser qu’un parent ne puisse pas aimer et protéger sa famille. Alors quand il fait face à un quotidien horrible, c’est lui-même qu’il accuse. Il se sent responsable des coups qu’il reçoit et cette croyance néfaste est souvent corroborée par les dires de la personne violente.

Suivant ce schéma, il ne peut faire confiance à personne et s’enferme. Il traque les signes pour les déchiffrer.

Ces enfants-là pensent TOUT LE TEMPS à la violence qui plane autour d’eux. Ils la guettent au quotidien et ils la guetteront toute leur vie. En revanche, s’ils savent reconnaitre la violence, hélas si familière, ils ne réussissent pas forcément à s’en protéger. Ils n’ont pas toujours la force psychologique de s’en éloigner car elle fait partie de leur référence, de leur normalité. Ils ont intégré que c’est sans doute ainsi qu’on aime les gens ou qu’ils ne méritent pas mieux.

Il est extrêmement difficile d’alléger la charge mentale de la violence car elle s’enclenche automatiquement, via un mode de survie mis en place bien trop jeune. Pourtant cette pression psychique est épuisante car éprouvante émotionnellement.

Un enfant victime de violence ne se libérera pas de ce poids simplement en grandissant et en s’éloignant de son bourreau.

Il lui faudra être accompagné pour espérer retrouver une boussole de vie plus saine, mais il déjà vital qu’il soit éloigné de l’agresseur.

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Pourquoi le principe de précaution est aussi important que la présomption d’innocence !

principe de precaution presomption d'innocence

Tout le monde connait et approuve la présomption d’innocence. Elle fait partie du cœur de notre système judiciaire et il est important de la conserver.

La présomption d’innocence est notamment garantie par l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui affirme qu’un individu, même suspecté d’avoir commis une infraction, « est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable » par la Justice.

Quid du principe de précaution ?

Le principe de précaution repose sur la prise en compte de situations de risque potentiellement graves et/ou irréversibles.

Ce principe de précaution est peu utilisé alors qu’il est souvent vital. La parole des victimes doit être entendue et plus largement considérée car les violences n’ont souvent pas de témoins et ont lieu dans le huis-clos familial.

Pour certaines personnes, le principe de précaution nuit à la présomption d’innocence car si, par exemple, on retire momentanément la garde de ses enfants à un parent accusé de maltraitance, cela reviendrait à l’accuser.

C’est un faux débat.

En opposant les deux, on privilégie bien trop souvent  » l’honneur  » de l’adulte accusé au lieu de mettre en sécurité la victime, par précaution.

Arrêtons de prioriser l’adulte face aux besoins des enfants maltraités.

Si la présomption d’innocence est importante, la présomption de crédibilité de la parole de la victime l’est tout autant. Il faut rééquilibrer les deux plateaux de la balance.

Ne pas prendre en considération la personne qui a le courage de porter plainte, c’est rajouter de la violence à la violence. Peu de victimes arrivent à porter plainte, ne rajoutons pas la peur de ne pas être cru.

Actuellement au nom de la présomption d’innocence la Justice ne protège pas les enfants.

Lorsqu’une enquête pénale ou des poursuites pénales sont en cours, cela devrait justifier de garantir la protection de l’enfant, il ne devrait pas être mis en contact avec son agresseur potentiel.

« Le principe de la protection des enfants est également un principe fondamental, non seulement de l’État de droit mais de l’humanité d’une société. Faire primer la protection des enfants est un impératif inconditionnel.»

Juge Edouard Durand

Notre association milite pour que la priorité soit donnée aux victimes et que la présomption de crédibilité ou le principe de précaution aient toute leur place.

Signez la pétition pour soutenir notre combat.

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présomption d'innocence versus principe de précaution

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La spirale infernale de la NRE

spirale infernale de la NRE

NRE sont les initiales utilisées pour parler de Non Représentation d’Enfant. Ce délit est inscrit dans le Code Pénal à l’Article 227-5 comme étant « le fait de refuser indûment de représenter un enfant mineur à la personne qui a le droit de le réclamer ».

Par exemple, si un parent refuse de présenter son enfant à l’autre parent quand c’est le tour de garde de celui-ci, le parent en faute est passible de 15000€ d’amende et d’un an d’emprisonnement.

C’est bien normal, car les enfants doivent pouvoir accéder à l’affection de leurs deux parents.

Les limites du délit de la NRE

Toutefois, il existe deux cas où cette Non Représentation d’Enfant est soit complexe soit impérieuse.

1- Le cas complexe : que faire quand un enfant refuse catégoriquement d’aller voir un de ses parents ? Quel que soit l’âge de l’enfant, quel message lui envoie-t-on quand on le force à entrer dans la voiture d’une personne qu’il refuse de voir, fusse-t-elle son parent ?

N’existe-il pas une attitude plus responsable qui consisterait à chercher à comprendre son enfant ? A entamer un processus d’écoute et de communication ? Ce serait plus constructif que de le forcer et/ou de condamner à la prison le parent impuissant.

2- Le cas impérieux : hélas, tous les parents ne sont pas affectueux. Ils peuvent même être maltraitants, violents, violeurs… Or dans ces cas-là, la Justice rend encore bien trop souvent un verdict en faveur du maintien du lien parental, quel qu’en soit le coût, et donc aux dépends des victimes. Le parent protecteur doit choisir entre protéger son enfant ou respecter la loi.

C’est dans ces configurations de danger que la spirale infernale de la Non Représentation d’Enfant s’enclenche. Un autre genre de descente aux enfers.

L’élément déclencheur est souvent le témoignage de l’enfant, qui alerte le parent en qui il a toujours confiance. Cette prise de parole libératrice devrait être la première étape de sa protection car le parent à qui il s’est confié va l’aider. Il croit son enfant et porte plainte pour violence ou inceste. Tout se complique alors. La Justice exige des preuves permettant de s’assurer que le danger est bien caractérisé. C’est une démarche logique sauf que la parole de l’enfant est rarement créditée (il n’est pas cru = son témoignage ne suffit pas). Les preuves de violences psychologiques et même physiques figurent parmi les plus difficiles à obtenir.

De plus, même quand les victimes possèdent des attestations de professionnels, la Justice reste très sévère et joue la carte de la présomption d’innocence ou de l’absence de preuves. 73% des plaintes pour viol sur mineur sont classées sans suite. C’est difficile à entendre, mais seules 8% des victimes qui parlent seront protégées*.

Le parent protecteur n’a pas d’autres issues que de refuser de laisser son enfant dans les mains de son bourreau. Il commet donc le délit de non représentation d’enfant.

Le parent toxique porte plainte à son tour. Il se positionne comme la victime spoliée de ses droits parentaux. Or, dans le système judiciaire actuel, on cherche à maintenir le lien parental à tout prix. Le principe de précaution (ne pas laisser un humain dans une situation de danger potentiel) ne vaut rien face à un parent qui se plaint de ne pas voir son enfant, même si celui-ci l’accuse d’inceste, de violences psychologiques ou physiques.

Le parent toxique remporte très souvent la bataille juridique contre une NRE. Comble du cynisme, ce jugement est facilité par le fait que la plainte du parent protecteur soit déclarée sans suite !

La spirale infernale ne s’arrête pas là…

Si le parent protecteur insiste, porte à nouveau plainte ou fait appel, le parent toxique invoque très souvent le syndrome de l’aliénation parentale. Ce dernier est une invention de Gardner, un psychiatre véreux américain qui prétend que les mères (à 95%) lavent le cerveau de leurs enfants pour se venger du père et que les dits-enfants accusent ce parent également sans culpabilité.

Malgré une absence totale de démarche scientifique et malgré un discours favorable à la pédocriminalité, les propos dangereux et infondés de Gardner ont le vent en poupe dans la justice française.

Beaucoup d’avocats brandissent ce prétendu syndrome pour détourner les accusations de maltraitances sexuelles, mais aussi physiques, en tactiques (maternelles) pour priver les pères de leurs enfants.

Et à la fin, c’est le parent protecteur qui se retrouve sur le banc des accusés. La garde de l’enfant victime lui est retirée et ce dernier est confié au parent toxique ou placé en foyer…

Les parents protecteurs qui refusent de laisser leurs enfants à un humain malfaisant (fusse-t-il la ou le géniteur) n’ont pas d’autres choix que de devenir hors la loi. Ils préfèrent se retrouver en cavale que de sacrifier leurs petits.

La spirale infernale produit des enfants qui ne sont pas protégés, des parents protecteurs qui se retrouvent soit en prison soit en fuite…

Pourtant, ils ont réagit exactement comme on demande aux gens de faire :

– dénoncer les personnes violentes

– protéger les faibles.

Notre association souhaite réformer le délit de Non Représentation d’Enfant pour que la loi prenne en compte le principe de précaution.

Un enfant qui refuse catégoriquement d’aller chez un parent doit être entendu. Et on doit suspendre la garde des parents suspectés de violence envers leurs enfants.

Signez la pétition.

*Sources : Enquête Ipsos de l’association Association Mémoire Traumatique et Victimologie « violences sexuelles de l’enfance »

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La CAF devient l’organisme officiel des prélèvement des pensions alimentaires

pensions aimentaires impayées prises en charge par la caf

Est-ce la fin des pensions alimentaires impayées ? Car, c’est officiel, à partir du 1er mars 2022, la caisse d’allocations familiales devient l’interlocuteur automatique entre les parents divorcés. Ce sera elle qui effectuera les versements / prélèvements des pensions alimentaires. L’objectif ? Prévenir les prévenir les impayés, soulager la pression financière et la charge mentale des plus démunis.

On le sait hélas, dans le cadre d’une séparation, les enjeux financiers sont souvent le lieu de chantage, d’intimidation et de non régularité. Les pensions alimentaires impayées sont une grande source de précarité et de poursuite des violences intra-familiales.

Le sujet des pensions alimentaires impayées : un poids énorme pour les victimes.

Actuellement, les victimes des situations d’impayés sont des femmes seules avec des enfants. Elles représentent 54% des dossiers de surendettement du fait d’un ancien conjoint qui ne règle pas la pension alimentaire.

Comme la caisse d’allocation familiale devient l’intermédiaire officiel, le débiteur devra payer à la CAF la pension prévue qui la reversera ensuite à l’autre partie.

Si le débiteur ne règle pas ce qu’il doit, la CAF verse une allocation minimale de 124€ à l’autre parent par mois et par enfant puis lance les démarches pour aller récupérer les sommes dues.

Ce service gratuit existait depuis janvier 2021 mais devait nécessairement être activé par une des parties. 73.000 familles avaient demandé à bénéficier de cette intermédiation, dont 61.000 qui avaient déjà connu des problèmes d’impayés. Désormais, il s’appliquera automatiquement aux divorces prononcés par un juge, sauf si les deux parents sont d’accord pour s’en passer.

La réforme sera étendue le 1er janvier 2023 à toutes les autres séparations impliquant des enfants mineurs (divorce par consentement mutuel ou titre exécutoire délivré par la CAF)

En France, près d’une pension alimentaire sur trois n’est pas correctement versée.

Désormais, ce sont la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) et la Mutualité sociale agricole (MSA), deux organismes publics, qui vont prélever automatiquement la somme sur le compte du conjoint qui doit verser la pension alimentaire.

122 millions d’euros ont été budgétés cette année à cet effet, un montant qui doit atteindre 179 millions en 2025. Côté justice, 200 postes de greffiers supplémentaires ont été créés pour permettre la transmission des informations nécessaires aux caisses d’allocation familiale, a indiqué le cabinet du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.

Deux cas de figure pour en bénéficier :

  1. Séparation depuis le 1er mars 2022 :
  • Vous divorcez devant un juge : vous n’avez rien à faire. Le service est mis en place automatiquement. Dès la pension alimentaire fixée, le greffe transmet la décision de justice à la l’aripa et la CAF prendra ensuite contact avec vous pour l’organisation.
  • Vous divorcez ou vous vous séparez sans juge : faites fixer la pension alimentaire dans un titre exécutoire et demandez à bénéficier de ce service directement sur le site www.pension-alimentaire.caf.fr

2 – Séparation avant le 1er mars 2022 :

  • Vous avez un dossier de recouvrement des pensions alimentaires en cours : vous n’avez rien à faire. L’Aripa vous contacte une fois que toutes les pensions impayées ont été récupérées pour vous proposer d’être l’intermédiaire pour le versement des pensions à venir.
  • Vous n’avez pas demandé d’aide au recouvrement des pensions alimentaires : pensez à faire fixer le montant de la pension alimentaire avant de réaliser votre demande d’intermédiation financière directement sur www.pension-alimentaire.caf.fr

Soulagement ou effet d’annonce ?

Forcément, on espère un soulagement pour les familles monoparentales de plus en plus nombreuses, dont 85% de femmes seules. Car quand on sait que les pensions constituent en moyenne 20% des revenus de ces « parents solo », on comprend les difficultés importantes en cas de défaillance.

Mais des voix comme celle du Collectif de lutte contre les violences économiques s’élèvent pour dire leur énervement contre cette annonce :

Si cette réforme est réellement mise en place et soutenue par des moyens adéquats, on peut espérer la fin du poids administratif, financier et psychologique des impayés.

Avec le souhait supplémentaire que les parents qui refusent de payer soient poursuivis au lieu de s’en laver les mains en disant « c’est bon, tu as la CAF »…

Sources :

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