Farah est mère de deux enfants. Depuis sa séparation, elle fait face à des années de procédures, d’accusations, de pressions, de dépenses judiciaires massives et de ruptures imposées avec sa fille.
Le témoignage de Farah raconte une mécanique bien connue de nombreuses mères protectrices : quand un homme utilise le droit comme une arme, et que les institutions, au lieu de freiner cette violence, l’accompagnent.

Témoignage de Farah et sa fille, victimes de violence intrafamiliale
Farah rencontre celui qui deviendra son mari alors qu’elle est déjà mère d’un petit garçon.
Au début, il se montre attentionné, rassurant, valorisant. Il semble investi, doux, fiable. Il remercie, il rassure, il prend sa place dans le foyer sans brutalité apparente.
Peu à peu, il se présente comme une figure paternelle pour son fils. Farah hésite, met du temps à lui faire confiance sur ce point, puis finit par croire à cette stabilité. Elle pense avoir construit quelque chose de solide.
Comme souvent, l’emprise ne commence pas par la violence visible. Elle commence par la confiance.
Un peu avant le mariage, les choses se dérèglent, doucement. Il devient plus distant. Plus critique. Plus froid. Les marques d’affection disparaissent. L’intimité devient rare, puis presque inexistante. Il l’isole progressivement. Farah commence à douter d’elle-même, de sa valeur, de son corps, de ce qu’elle comprend de la relation.
Elle sent qu’il y a un problème, envisage même de partir. Mais à ce moment-là, son fils l’appelle déjà “papa”. Elle se dit qu’elle ne peut pas lui faire vivre une nouvelle rupture. Elle se convainc qu’il faut tenir, stabiliser, continuer.
C’est aussi cela, l’emprise : pousser une femme à rester en s’appuyant sur son sens des responsabilités.
Après la naissance de leur fille, la situation se dégrade davantage. Farah décrit un homme peu investi, absent, critique, désengagé du quotidien familial. Elle porte la charge mentale, la charge éducative, la charge matérielle. Elle gère les enfants, le foyer, les projets, les finances.
Lui profite de ce qu’elle met en place, mais ne soutient pas réellement la vie commune. Il ne construit pas avec elle : il bénéficie de ce qu’elle construit.
À ce stade, Farah comprend qu’elle ne vit pas un couple. Elle est dans une forme de cohabitation inégalitaire, dans laquelle elle donne, organise, compense, pendant que lui dispose d’elle.

À 30 ans, Farah ne veut plus vivre ainsi. Elle refuse de partager sa vie avec un homme qui ne la regarde pas, ne la soutient pas, ne s’implique ni auprès d’elle ni auprès des enfants. Elle demande donc le divorce.
Elle pense alors qu’une séparation, même difficile, peut se faire avec un minimum de raison. Elle imagine une organisation, une discussion, peut-être même une forme d’accord. Elle ne sait pas encore qu’à partir de ce moment-là, le conflit va changer de nature.
Mais ici comme souvent ailleurs, la séparation ne marque pas la fin du contrôle. Au contraire, elle se démultiplie et en devient le nouveau terrain.
Dès qu’elle annonce sa décision, le dialogue disparaît. À la place arrivent les avocats, les courriers, les accusations, les dossiers à charge. Farah reçoit des pages et des pages dans lesquelles elle est décrite comme instable, dangereuse, incapable, voire folle. Sa vie est déformée, ses intentions réécrites contre elle.
Du jour au lendemain, elle doit courir partout pour prouver qu’elle s’occupe de ses enfants, qu’elle travaille, qu’elle est cohérente, bref qu’elle n’est pas celle qu’on décrit. Elle entre dans une logique de défense permanente.
Depuis 2017, dit-elle, la mécanisme de son agresseur est toujours la même : il attaque pour que Farah perde tout en devant se défendre, se justifier.

Devant le réseau, la verve et la puissance déployée par le père, la Justice est (une fois de plus) subjuguée. Farah finit par perdre la garde de sa fille, qui n’a alors que 2 ans.
Du jour au lendemain, la petite se retrouve isolée chez son père. Les contacts sont coupés ou strictement contrôlés. Les appels n’ont pas lieu, ou sont interrompus. Les week-ends sautent. Les promesses de remise de l’enfant ne sont pas tenues.
Farah ne voit plus sa fille pendant de longs mois. Elle demande, insiste, écrit, propose même des rencontres très courtes, dans un parc, n’importe où. En face, elle se heurte à des refus, des reports, des silences, bref à une manifestation de pouvoir toxique.
Le témoignage de Farah illustre ce que les victimes savent bien, la violence ne réside pas seulement dans le rapport de force, elle est aussi dans la manipulation organisée.
Quand Farah croise parfois sa fille, l’enfant va mal. Elle pleure beaucoup. Elle fait des cauchemars, a de grandes angoisses. Elle reproduit des paroles et des gestes inquiétants. Farah décide alors de faire évaluer la situation par des professionnels.
Des expertises psychologiques font apparaître des éléments alarmants, notamment des propos de l’enfant : le père accuse sa fille d’être méchante et que c’est pour ça qu’elle ne voit pas sa mère.
Mais ces expertises sont écartées, non pas sur le fond, mais parce qu’elles ont été demandées par elle. Autrement dit : le témoignage de l’enfant ne produit pas d’effet, ce qui compte, c’est QUI a demandé qu’on l’écoute. Farah est confrontée à un système qui valide plus facilement le soupçon porté sur elle que la réalité qu’elle apporte.

La situation se détériore au fil des années. Farah fait face à une multiplication de procédures civiles, familiales, pénales et patrimoniales.
Chaque fois, il faut un avocat pour ne pas laisser la version adverse s’imposer.
Résultat : près de 80 000 € de frais d’avocat, des biens bloqués, des signalements effectués, des plaintes contre elle, salissantes, épuisantes…
Ce type de violence asphyxiante est moins visible que les coups mais détruit tout autant financièrement, psychiquement, socialement.
Alors après plusieurs années à voir sa fille souffrir, Farah craque et prend une décision illégale : elle part avec sa fille à l’étranger.
Cet acte punissable intervient après 4 années de procédures, d’alertes ignorées, de lien mère-enfant empêché, de manipulation dénoncée sans effet.
Mais Farah ne fuit pas pour disparaître.
Même à l’étranger, contrairement au père, elle maintient le contact avec lui, autant que possible via des visios régulières. De plus, elle s’est immédiatement dénoncée aux autorités françaises, elle reste volontairement localisable, elle coopère et explique les raisons de cette décision. Elle espère ainsi que la Justice analysera mieux son dossier et reviendra au bon sens pour protéger son enfant.
Inversement, ce dernier déploie une violence et des moyens dingues pour récupérer sa fille (jusqu’à faire intervenir des mercenaires armés à l’école de l’enfant). Acculée, Farah finit avec un mandat d’arrêt, fait de la prison, est extradée puis est séparée d’avec ses enfants, porte un bracelet électronique.
Pendant trois ans, Farah se plie à tout. Elle respecte les cadres. Elle reprend ses études, stabilise sa vie. Elle suit les consignes de la Justice et du père, pour devenir “la bonne élève” du système. Farah maintient un lien avec sa fille, coûte que coûte. Le point rencontre finit lui-même par recommander un droit de visite élargi !
Aujourd’hui, Farah n’a plus de contact avec sa fille, ses droits ont été suspendus : plus d’appel, plus de visio depuis septembre 2025. Et dans tout cela, sa fille n’a jamais été entendue…
Et puis, la semaine dernière, la situation de Farah s’est encore aggravée ! Elle vient d’apprendre sa condamnation à 3 ans de prison dont 2 ans ferme, avec mandat international pour soustraction d’enfant.

Cette décision gravissime intervient alors même qu’elle n’a donc plus relation avec sa fille et donc aucun moyen de lui “nuire”.
Elle ne protège aucun enfant. Au contraire, elle privera le fils ainé de Farah de sa mère et rajoutera un traumatisme à cette fratrie. Actuellement, Farah ne présente aucune menace. Elle dénonce une disproportion des décisions et un acharnement judicaire, qui valide le harcèlement de son ex conjoint.
A quoi sert la Justice si elle rajoute des traumatismes ?
La témoignage de Farah montre bien que protéger les enfants, c’est aussi protéger le lien avec le parent protecteur.



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